Au cours de ces cinq dernières années, les étudiants guinéens, notamment les membres de l'Union rationale des étudiants et élèves patriotes (UNEEP), ont été harcelés par les forces de l'ordre. Certains d'entre eux ont été détenus et passés à tabac parce qu'ils manifestaient pour réclamer de meilleures conditions d'études. A diverges reprises l'antigang a investi le campus de l'Université de Conakry pour briser le mouvement de grève lancé par l'UNEEP et, en 1990, a tiré sur des étudiants pacifiques, faisant un mort et plusieurs blessés. Dans un document public par l'UNEEP, les forces de l'ordre sont également accusées d'avoir provoqué la mort de quatre étudiants en 1990 et 1992, dont Mory Diakité, un élève du lyée Donka de Conakry, et Lansana Bangoura de l'Université de Kankan. D'autres mesures de rétorsion, dont la radiation en août 1994 d'une dizaine d'étudiants accusés d'avoir incité leurs camarades à la rebellion contre les autorités et de s'être livrés à des actes violents, ont été prises par l'université elle-même. Dans un communiqué adressé à la presse, l'UNEEP a rejeté les accusations portées contre elle et regrette que l'administration universitaire n'ait pas pris de mesures pour condamner les auteurs de coups et blessures infligés aux étudiants.
En décembre 1994, après que le chef de l'Etat s'est trouvé bloqué sur une voie empruntée par des étudiants qui manifestaient pacifiquement, la police a sévèrement reprimé la marche au moyen de gaz lacrymogènes. Plusieurs étudiants ont été arrêtés dont certains ont été sévèrement malmenés. L'un d'entre eux, Siradiou Diallo, étudiant en deuxième année de chimie, a recu, au moment de son arrestation, plusieurs coups de matraque et de crosse de fusil, ce qui a provoqué la perte de ses dents. Trois autres étudians, dont deux jeunes filles, ont été arrêtés au cours de la même manifestation. Accusés de troubles à l'ordre public, ils ont été jugés le 28 décembre 1994 et se sont vu égalernent reprocher au cours du procès d'être porteurs d'un tract faisant état d'une déclaration commune signée entre le PRP et le RPG dans le cadre des élections législatives de juin 1995. A l'issue du procès, qui a été entaché de quelques irrégularités, les étudiants ont été condamnés à un an de prison ferme et à 100 000 francs guinéens d'amende chacun. A la suite de démarches entreprises par les parents des étudiants, ceux-ci ont été grâciés par le Président de la République, le 6 février 1995.
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