Au cours de ces trois dernières années, la Guinée a connu une période de grande insécurité due à une augmentation de la criminalité. La population, ayant l'impression que les autorités ne prenaient pas les mesures nécessaires pour résoudre ce fléau, a parfois cherché à se faire justice.
Amnesty International est préoccupée par les cas de personnes livrées par les autorités pénitentiaires à des foules en colère. Dans au moins deux cas, la foule a bénéficié du soutien des autorités pénitentiaires.
Ainsi en juin 1993, un détenu, Mamady Bayo, dit "Carlos", purgeait une peine de 10 ans de prison pour homicide. Alors que le détenu avait été autorisé à quitter son lieu de détention pour aller travailler à l'extérieur de la prisons il aurait pris part à une rixe qui a causé la mort d'un des parents de ses précédentes victimes. Craignant des représailles, il s'est rendu au commissariat de police et a ultérieurement été placé sous la garde des forces de sécurité qui l'ont par la suite remis à une foule en colère qui le recherchait. Mamady Bayo a été brûlé vif Les autorités n'ont pas condamné ce meurtre ni ordonné d'enquête.
Un mois plus tard, en juillet 1993, Mamoudou Keita a été exécuté extrajudiciairement en public par les forces de l'ordre, suite à des pressions exercées par une foule en colère contre les autorités pénitentiaires de Kissidougou. Soupçonné d'avoir commis un crime, il s'était rendu aux autorités après que la foule eut menacé sa mère de représailles. Amnesty International est préoccupée de ce qu'aucune enquête n'ait eu lieu sur cet incident et qu'aucune mesure n'ait été prise contre les responsables de cette exécution extrajudiciaire.
Amnesty Intemational s'inquiète de ce que ces deux incidents remettent en question le rôle du procureur général de la République et des autorités pénitentiaires qui sont théoriquement chargés d'assurer la sécurité des détenus. Il appartient aux autorités pénitentiaires et au procureur général de la République d'enquêter sur ces incidents et de traduire les responsables en justice.
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