Bien que la presse ait théoriquement le droit de s'exprimer depuis 1991, sa liberté est restreinte, des journalistes ont été arrêtés pour motifs d'opinion, détenus pendant de courtes périodes, et ont fait l'objet d'autres formes d'intimidation. Ces arrestations et ces manoeuvres d'intimidation s'inscrivent dans le cadre d'une politique visant à empêcher l'opinion nationale et internationale de connaître la situation en Guinée.
En octobre 1992, Foday Fofana, correspondent de la British Broadcasting Corporation (BBC) et de Reuter, une agence de presse britannique, a été arrêté et détenu à la maison d'arrêt et de correction de Conakry pendant plus d'un mois pour un reportage qu'il avait réalisé au camp Soundiata à Kankan sur l'entraînement des "bérets noirs" - qui auraient été fidèles au gouvernement intérimaire du Libéria
En septembre 1993, Serge Daniel, correspondant de Radio-France-Internationale (RFI), aété arrêté et détenu pendant 10 jours. Le tribunal correctionnel l'a relâché pour délit non constitué. Des journalistes de la presse télévisée ont également été harcelés. En mars 1993, Ben Daouda Sylla, chef d'édition à la Radio-Télévision guinéenne a été suspendu car, selon le directeur des services de l'information, également membre du PUP, parti du président Conté, il s'acharnait à présenter une image tronquée de la Guinée sur les ondes de la radio nationale. En juin 1995, un camerarnan du RPG, Doudou Traoré, qui accompagnait un cortège de son parti à Kankan, a été détenu durant quelques jours. A sa sortie de prison, il a fait la déclaration suivante à la presse : Dès que je suis descendu du véhicule, ma camera à la main, un agent de l'antigang (unité des forces de sécurité dépendant du ministère de l'intérieur) a pointé un doigt sur moi, et a parlé en ces termes : C'est un cameraman de la BBC. Il fixe des images pour aller les projeter à l'étranger et discréditer notre pays. Il faut le bâtonner et il faut le liquider dès que la nuit sera tombée. Amnesty International craint que ces arrestations ne soient des mesures d'intirnidation à l'encontre de la presse indépendante et n'annoncent un durcissement des autorités envers la liberté d'expression qui pourrait menacer la construction d'un Etat de droit en Guinée.
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