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Camp Boiro Memorial


Amnesty Intemational
Droits de l'Homme
Rapport spécial sur la situation des Guinée — 1995


Guinée
Existe-t-il une volonté politique
d'améliorer la situation des Droits de l'Homme ?


La peine capitale

Les dernières exécutions en Guinée remontent à 1985: plusieurs dizaines de personnes avaient été exécutées à l'issue d'un procès sommaire tenu à huis clos devant un tribunal militaire.

Depuis le début de 1995, des procès se déroulent aux assises à la suite de nombreuses arrestations liées au grand banditisme et sont retransmis en différé à la télévision. Toutes les personnes poursuivies pour meurtre ou assassinat risquent d'être condamnées à la peine de mort. Dans une déclaration à la presse en décembre 1994, le porte-parole du gouvernement a expliqué que la peine de mort serait infligée dans tous les cas pour mettre un terme à ce fléau Plusieurs personnalités de l'opposition et des membres d'associations des droits de l'homme se sont prononcés contre l'application de cette peine, arguant que la criminalité ne peut pas se résoudre de cette façon.

En juin 1995, la cour d'assises de Conakry a condamné le sergent Sékou Bangoura à la peine capitale pour assassinat. Cette cour a également condamné à la peine capitale, en août I 995, cinq personnes, dont Denka Mansaré et Ibrahima Bangoura. Tous les avocats ont présenté des pourvois en cassation.

Quelle que soit la raison invoquée, l'idée qu'un gouvernement puisse justifier un châtiment aussi cruel est en contradiction avec le concept du droit à la vie. Amnesty International considère que la peine de mort viole les droits inaliénables de l'individu tels qu'ils sont énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 qui reconnut le droit de chaque individu à la vie et stipule que nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants . Par conséquent, le mouvement en faveur de l'abolition de la peine de mort ne peut être séparé de la lutte polir les droits de l'homme. C'est ce qui a été confirmé par le Comité des droits de l'homme qui surveille l'application du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par la Guinée en janvier 1978. Dans son Observation générale sur l'article 6 du Pacte, le Comité conclut que toutes les mesures poses pour abolir la peine de mort doivent étre considérées comme un progrès vers la jouissance du droit à la vie....

Le recours à la peine capitale parait illusoire quand cette peine est invoquée comme moyen de protection contre la criminalité. La peine de mort symbolise la terreur, et son application par un Etat constitue un aveu de faiblesse.