Sous la présidence de près d'un quart de siècle d'Ahmed Sékou Touré, Amnesty International avait régulièrement attiré l'attention des autorités guinéennes ainsi que celle de l'opinion intemationale sur la grave situation des droits de l'homme dans le pays. Dans les documents publiés, elle faisait notamment référence à la pratique systématique de la diète noire qui consistait à priver totalement les détenus de nourriture et d'eau jusqu'à ce que mort s'ensuive. D'autres préoccupations, notamment les morts en détention dues principalement à la torture et aux conditions de détention déplorables dont l'absence totale d'hygiène et de ventilation des cellules - étaient également signalées, Amnesty International s'est préoccupée de conditions analogues sous la deuxième république, période durant laquelle plusieurs dizaines de personnel ont également "disparu".
Au cours des cinq dernières annees, plusieurs personnes dont des sympathisants des partis d'opposition, des étudiants et des journalistes ont été torturés ou passés à tabac par les forces de l'ordre au moment de leur arrestation.
Lors de la mission qu'Amnesty International a effectuée en Guinée, Serge Daniel, correspondent de RFI nous a déclaré qu'au cours de sa détention, il a été déshabillé, enfermé dans une pièce obscure et que ses géôliers lui ont donné une cinquantaine de coups de fouet. De l'eau chaude a également été versée sur son visage. Un médecin, qui l'a consulté à sa sortie de prison, a constaté qu'il ne lui restait que trois dixièmes de vision.
Mamadi Sanoh, arrêté et détenu pendant plus de 15jours en mars 1995, a déclaré à la presse peu de temps après sa libération, qu'au moment où il était arrivé au camp de Kissidougou, les militaires ont dit qu'ils allaient le manger et, dit-il, "à partir de cet instant, ils se sont tous précipités sur moi et m'ont battu aveuglement. Aujourd'hui, je ne vois plus de l'oeil droit, j'ai le bras paralysé". II ajoute : Le lendemain de ces tortures, j'étais méconnaissable tellement mon état était lamentable j'avais la figure enflée, je saignais de partout, j'étais complètement effondré
En quelques occasions, la torture a été utilisée comme moyen pour obtenir des aveux. Ainsi plusieurs personnes, arrêtées dans le cadre de l'opération contre le banditisme et l'insécurité et dont le procès se déroule aux assises depuis le début de l'année, ont déclaré avoir été contraintes de faire des aveux sous la torture.
La majorité des militants du RPG arrêtés à Mandiana peu avant les élections législatives de juin 1995 ont fait état des mauvais traitements infligés par les forces de l'ordre au moment de leur arrestation. Une des personnes arrêtées, M. Dioubaté a eu le bras plâtré à la suite des brutalités policières.
[ Home | Victimes | Perpétrateurs | Bibliothèque | Recherche | BlogGuinée ]
Contact :info@campboiro.org
webGuinée, Camp Boiro Memorial, webAfriqa © 1997-2011 Afriq Access & Tierno S. Bah. All rights reserved.