webGuinée — Mémorial Camp Boiro
Témoignages


Jean-Paul Alata
Prison d'Afrique

Paris. Editions Le Seuil. 1976. 255 pages


Chapitre Neuf
Le zéro et l'infini

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2 août 1971

La pluie reprit et les cris redevinrent indistincts. Je retrouvai un peu de sommeil. J'y étais plongé cette nuit-là quand je fus appelé à la commission. Sous une averse diluvienne, je montai dans la Jeep et parvins au bureau me demandant avec inquiétude ce qui m'arrivait encore.

Un homme en bleu de prison était affalé sur l'escabeau. A mon entrée, il tourna vers moi un visage creusé de rides, sans âge. Le regard était hagard, les épaules affaissées, les saignées des coudes marquées de stries rouges exsudant le sang. Menottes aux poignets, l'inconnu me dévisageait sans que je puisse le situer.
— Approche-toi, camarade Alata.
Ismaël, très aimable, m'indiquait un fauteuil, placé de biais, près de la table.
— Je t'ai fait venir pour un problème délicat. Le colonel Diallo, ici prés ton nom qu'il a donné comme agent recruteur et depuis 1960 ! Cela ne cadre pas du tout avec ta déposition. Aussi avons-nous grande envie de le renvoyer à la cabine technique. Qu'en pensez-vous, colonel ?
Aux mots « cabine technique » le détenu avait eu un léger sursaut et recherché plus franchement mon regard.
— Que peux-tu faire pour le colonel ? L'as-tu réellement recruté ? Cela détruirait la vraisemblance de tes déclarations. Non, je préfère le renvoyer. Il va trouver une autre explication.
J'étais de nouveau envahi d'une haine brûlante. Cette pauvre loque humaine prostrée devant moi faisait pitié. Diallo? Il avait été un des rares officiers guinéens à s'être battu lors de l'agression. Blessé grièvement au dernier combat contre les mercenaires, évacué pour opération en Allemagne démocratique 1, il terminait à peine sa convalescence. Décoré et félicité pour sa bravoure, sa fidélité au régime, héros national présenté pompeusement au Congrès qui avait décidé en janvier 1971 de la mort de tant d'hommes, le voilà maintenant déchu, misérable, bientôt convaincu de haute trahison.

Décidément, Ismaël ne respectait rien, surtout pas le courage. Je compris, à cet instant même, que tous ceux qui s'étaient battus pour le Parti, le président et le pays, en novembre 1970, seraient impitoyablement poursuivis, humiliés et éliminés.
Soudain, je décidai d'aider le vieil homme. Diallo avait dépassé la soixantaine. Officier sorti du rang de l'armée coloniale française, il était assez effacé pour qu'on ne parle guère de lui en Guinée. Mais il était le plus haut gradé Peul et cela seul le désignait à la haine d'Ismaël.
Mais je voulus qu'Ismaël comprenne bien que je n'étais plus dupe, que j'allais accepter, les yeux grands ouverts.

M'approchant du colonel, je lui demandai:
— Vous me connaissez, colonel ?
Avec un vieux réflexe de franchise d'officier, le vieux répondit:
— De nom, oui, comme tout le monde en Guinée mais nous ne nous sommes jamais rencontrés.
Le ministre tiquait déjà mais j'enchaînais:
— Où se trouvait mon domicile en 1960, colonel, à l'époque où vous avez été recruté ?
— Dixinn, bien sûr !
— C'est à mon domicile que vous avez dit m'avoir vu ?
Ismaël répondit pour lui:
— Commandant, à l'époque, le bataillon de Kankan, Diallo ne pouvait voir ses contacts français qu'à ses passages à Conakry et à leur domicile pour traiter de telles affaires!
Je souris, négligeant son intervention, continuai de m'adresser directement au prisonnier:
— Je n'ai habité Dixinn qu'en 1963, colonel. En 1960, j'étais à Conakry I, à Sandervalia, à plus de dix kilomètres de l'endroit que vous indiquiez.
La crainte reparut dans le regard qui me fixait. Ismaël l'interpella !
— Je te redescends à la cabine!
Je continuai de sourire et, cette fois, fis face au meneur de jeu.
— Est-ce bien nécessaire ? Il est clair que je n'ai pas plus recruté cet homme que les autres. Alors pourquoi ne pas l'ajouter à mon tableau de chasse !
Ismaël me regardait intensément.
— Je suis dans l'affaire jusqu'au cou. Je sens le chanvre de Tumbo. Quelle importance? Nous savons tous la vérité !
— C'est bien. » Le ministre inspira profondément. « Cela arrange pas mal de dépositions en cours; tous les officiers, arrêtés dépendaient du colonel. Maintenant il ne te reste plus qu'à l'aider à rédiger sa déposition. Vous pouvez lui faire confiance, colonel.

Le vieil homme tourna son regard éteint vers moi.
— Bien sûr. Depuis janvier, je sais qu'il était le patron de toute cette affaire de 5e colonne. Il n'y a que lui qui puisse m'aider à écrire ce que vous exigez de moi.
Je me fis donc son auxiliaire. Sur tout ce qu'il faisait, Ismaël laissait planer une ombre. Il n'était pas question de dire franchement: c'est une comédie, tu vas déclarer ceci, signer cela, toi et moi savons que tout est faux, alors aucune importance que nous en déclarions plus ou moins.
Il était plus subtil. L'inculpé devait, après avoir accepté ce qui lui était présenté, le faire sien définitivement.
Dans cette affaire des officiers il s'était pris à son propre piège. Les ayant interrogés après moi, il s'était aperçu que j'étais le seul à pouvoir représenter le pivot idéal de leur recrutement. Malheureusement, ma déposition était déjà rédigée. Si j'avais refusé de me plier au jeu, ou bien on m'y aurait forcé par de nouvelles pressions, ce qui était tout de mêênant, après la communication du président et la promesse de visite, ou bien on aurait cherché un nouveau bouc émissaire, probablement Alassane Diop, ancien officier français.

Quant à se préoccuper de ce que penseraient les capitales étrangères en apprenant que les héros de la résistance à l'agression allaient se déclarer en accord total avec les envahisseurs, tous les civils qui avaient couru s'armer, tous les militaires qui s'étaient engagés dans l'action furent dénoncés comme complices. Les morts même n'échappèrent pas. L'expert allemand dont la radio guinéenne avait proclamé le courage et le dévouement, les officiers supérieurs tués aux portes de leur camp, furent déshonorés, traînés dans la boue. Ils avaient tous été abattus par erreur par leurs complices!

J'espérais qu'aucune chancellerie ne se laisserait prendre à cette grossière déformation des faits. Pour moi, le rôle exact d'Ismaël commençait à se dessiner suffisamment et je plaignais le président.
Une fosse était lentement creusée sous ses pieds. Le vieil éléphant Sily, tant chanté, allait bientôt y tomber.
En attendant, Diallo me valut des sorties fréquentes de mon trou et un surcroît appréciable de cigarettes.

Après en avoir terminé, je posai la question qui me brûlait les lèvres:
— Et Tenin?
Le ministre se mit à rire.
— Il y en a qui consacrent leur vie à un peuple et à la Révolution. Toi, tu ne penses décidément qu'à ta femme! Il faut te refaire encore quelques jours. Pas question que ta femme aille partout répandre le bruit qu'on vous fait mourir de faim. Le camp a assez mauvaise réputation. Tu as notre promesse. Tu la verras.

'Quelques jours après, je fus encore extrait de ma cellule. C'était un civil, cette fois, un grand et beau gars que je connaissais bien, un jeune Malinké qui avait interrompu de très brillantes études dès que le président avait fait appel à lui. Fin, intelligent, Korka était devenu, en quelques années, la coqueluche de la jeunesse de Conakry. C'était un danger terrible que cette popularité et je ne fus pas trop étonné de le retrouver au banc d'infamie...
Toutefois, il n'était pas menotté. Ismaël paraissait lui parler sur le ton le plus amène que je ne lui avais vu employer qu'à mon égard. Interloqué, je restais sur le seuil. Le ministre me fit un grand appel du bras.
— Ah, voici le camarade Alata. Korka, connais-tu notre ami ?
Nous nous estimions mutuellement beaucoup, avions eu maintes occasions d'échanger nos idées.
— Oui, je le connais très bien.
— L'appréciais-tu autrefois'?
— C'était même un ami.
— Je le savais. C'est pour cela que je l'ai fait venir. Tu n'as pas confiance en moi, peut-être le croiras-tu?
— Alata, poursuivit-il, Korka se fatigue et nous fatigue tous inutilement. Il a fallu dix jours pour lui faire admettre qu'il appartenait au réseau SS nazi et au Front. Le voilà qui discute chaque terme de sa déposition.
— Pardon, camarade ministre, reprit doucement Korka. Je suis resté treize jours à la diète complète, dont cinq à la cabine technique. C'est donc le treizième jour et non le dixième que j'ai accepté — je me demande encore pourquoi — de reconnaître mon appartenance à ces deux organismes. Mais l'affabulation que vous me présentez maintenant, ces histoires de complots, d'attentats, de contacts avec des chefs d'État à l'extérieur, au cours de mes missions, non, ce n'est plus possible. Ma déclaration suffit à me faire pendre. Tuez-moi et qu'on ne me parle plus de rien.
Ismaël s'exclama de dépit. Pour reprendre son calme, il prit une de ses Dunhill, m'en offrit ostensiblement une, ignorant mon compagnon. Surprenant son regard étonné;
— Je lui ai offert une cigarette. Nos relations ne sont plus celles de juge à prisonnier. Alata est, à mes yeux, plus qu'à moitié réhabilité. Pourquoi ? Après avoir comme toi, livré son petit combat personnel pour ce que vous appelez votre honneur, il a compris et maintenant il nous aide en reconnaissant l'ampleur des crimes qu'il a commis. As-tu lu sa déposition?
Le détenu hocha affirmativement la tête.
— J'étais encore libre quand on l'a publiée. Terrible!
— Terrible, oui. Combien le croient mort en ville? Personne ne peut s'imaginer que survive l'auteur de tels crimes! Et pourtant, tu le vois: non seulement il est en vie mais il a toute mon amitié. Il va même, très prochainement, recevoir la visite de sa femme!
Il me vit qui fixait les avant-bras de Korka, à peine marqués et ses mains qui ne souffraient, apparemment pas, de difficultés de préhension.
— Tu as raison, Alata. Korka parle de ses cinq séances à la cabine. On ne lui a pas fait grand mal. J'y ai veillé. Le plus difficile pour lui, cela a été la diète et encore! Nous tenons à lui. Nous voulons qu'il comprenne. Il est beaucoup trop jeune pour ne plus servir la cause. Je vous laisse seuls quelques minutes. Tu as des cigarettes sur la table mais ne lui en donne pas encore. Il n'y a pas encore droit, pas assez sage !

Il sortit, laissant, pour nous surveiller, un milicien assis derrière nous, l'AK en travers des genoux.
— Tu as déjà fait le premier pas, dis-je à mon voisin, à voix basse. As-tu accepté l'adhésion et la perception de primes?
— Oui, comme l'a dit Ismaël, j'ai reconnu le réseau SS nazi. Non, mais quel nom! et le Front! C'est assez dingue comme ça!
Je me méfiais. Le milicien pouvait avoir une autre mission que nous surveiller physiquement. Il fallait que Korka comprit à mi-mot.
—Pourquoi dingue? La vérité n'est jamais insensée.
Mon vis-à-vis, sursauta comme brûlé au fer rouge.
— La vérité, dis-moi un peu, Alata? Pendant toute ta longue carrière d'espion international, peux-tu affirmer avoir vu mon nom, une seule fois, sur une liste de sympathisants ou d'agents?
Il était gris de colère.
Je souris, me penchai à toucher de la tête le jeune homme. Ou coin de l'oeil, je surveillais le milicien, indifférent!
— Et toi, Korka? » J'articulai lentement, voulant faire comprendre mon message. « Dans toute ta longue carrière de diplomate, peux-tu affirmer que tu t'es douté jamais que je sois un espion?
Ma phrase n'avait aucun sens. Elle voulait seulement provoquer une réaction. Il savait que j'aimais aller droit au but, trop brutalement même. Une telle ambiguïté allait le faire réfléchir. Effectivement, il me regarda interloqué Lentement son visage s'apaisa.
Ses yeux perdirent leur lueur d'animosité.
— Alors, que dois-je comprendre dans tout cela si tout est aussi faux ?
— Le zéro et l'infini, Korka, le zéro et l'infini.
— Le zéro et l'infini ? A notre tour, à nous?
— Dans les livres que nous avons lus tous deux, vieux frère, il y a tant de questions qui ne reçoivent aucune réponse. Ouvre les yeux ! Peut-être pourrons-nous trouver notre réponse?
Korka crispa les mains. La révolte de mon ami ne pouvait trouver aucun exutoire ; un nouveau rat avait été introduit dans la cage. Il commençait à flairer le grillage.
— L'aveu, repris-je doucement, plaignant Korka de tout mon coeur.
Je ne risquais rien du milicien, qui ne pouvait rien y comprendre.
— N'y a-t-il pas d'autre moyen, Jean ? Ne pouvons-nous rien sauver?
— Il y a quelque chose à sauver. Vivre, c'est important. Puisque nous n'avons pas pu mourir.
Korka resta quelques minutes plongé dans ses pensées, ses mains se serrant et se détendant nerveusement.
— Comme j'ai été bête ! Dire que j'ai cru, pour toi ! Ici, chez nous, dans notre petit pays, je ne voulais pas comprendre, voilà la vérité!
— C'est cela, Korka. Tu savais et tu refusais. Accepter quand on est directement concerné, c'est dur. On se dit que cela ne peut pas vous arriver à vous. Et voilà, nous y sommes. Il nous reste à en tirer le meilleur parti.
— Oh, pour cela. » Il eut un geste de lassitude, étendant les mains devant lui, à toucher mes genoux. « Nous sommes fichus !

'— Qu'est-ce que j'entends?
La voix retentit à nos oreilles. Ismaël était revenu sans que nous n'y prenions garde.
— Qui parle de fichus? Alors, Alata, tu as échoué ? Il ne veut rien entendre?
— Au contraire, répondit Korka. Il m'a convaincu. Je parlais de moi. Tout est fichu pour moi. Quand j'en aurai terminé avec cette déposition, je serai tellement couvert de merde qu'il ne me restera pas un coin assez retiré pour m'y cacher.
— Alors, Alata ne t'a convaincu qu'à moitié! En servant le Parti, en aidant la Révolution, c'est un sentiment de fierté que tu dois ressentir, non de honte. En libérant ta conscience, tu t'ennoblis. C'est maintenant que tu prends place parmi les vrais révolutionnaires.
Je touchai légèrement du pied mon ami. Il ne fallait pas qu'il se laissât entraîner dans des discussions où son honnêteté intellectuelle risquerait de se révolter encore. Il n'y avait aucune alternative. C'était un sens unique qu'on nous ouvrait.
Korka est résolu à déposer, affirmai-je. Vous n'avez donc plus besoin de moi.
Ismaël secoua la tête.

'— Mmmm... Nous avons encore besoin de toi à moins que tu ne t'y refuses catégoriquement. Je connais cette espèce d'intellectuel tourmenté. Il va être pris de remords et tout bousiller. Il lui faut quelqu'un pour le conseiller.
Il nous tendit son paquet, alluma nos trois cigarettes.
Korka appréciait très visiblement ces bouffées et je me souvins du goût de la Dunhill de juin !
— Tu es un intellectuel aussi, Alata, mais tu es marxiste. C'est ce que ton ami nous a toujours affirmé. Il fallait que tu comprennes où était la bonne voie. Une fois engagé tu iras au bout. Korka est de la mauvaise engeance, celle qui s'interroge en permanence. Nous allons le transformer en bon militant.
Korka éleva la voix. Il souriait.
—C'est moi qui demande à Alata de m'aider. Tu as été arrêté depuis le début des opérations. Il y a des points que tu comprends bien mieux que moi. Rends-moi ce service.

Le ministre se réjouissait parfaitement de l'entente.
J'en demeurai soucieux. Je m'estimais trop intimement mêlé à toutes les étapes de la procédure. N'était-ce pas là le prix à payer pour voir Tenin?
Intégré au régime pendant treize ans, me voilà compromis par lui dans ma vie de prisonnier. Mais, pouvais-je refuser? En aurais-je le courage? Ismaël me regardait en souriant.

Des cris aigus interrompirent le silence nocturne. Atroces! De véritables cris d'égorgé.
Le ministre n'avait pas cessé de sourire.
Il répondit à notre regard interrogateur.
Big Croc. Le gros boeuf ne se trouve bien que suspendu comme un régime de bananes dans une mûrisserie. Ne le plaignez pas!
Je glissai :
— Pourquoi ne pas le raisonner aussi ?
Le visage d'Ismaël durcit. Colère et mépris se disputaient clairement son expression quand il regarda vers la porte et appela:
— Kourouma!
Un adjudant parut sur-le-champ.
— File en personne à la cabine. Ce gros porc joue la comédie pour les apitoyer. Qu'on le chauffe sérieusement. Je saurai reconnaître à sa voix si c'est suffisant.
Nous regardant ensuite, pendant que l'homme partait au pas de course, il poursuivit :
— Raisonner Big Croc ? Pour quoi faire ? Je ne veux pas le sauver.

Kourouma revint quelques minutes plus tard.
— Il ne comprend rien, monsieur le Ministre. Il dit qu'il est prêt à tout avouer mais on l'a attaché avant même de lui poser aucune question.
Ismaël coupa sèchement:
— C'est l'ordre que je leur ai donné là-bas. Le chauffer à blanc avant de lui poser la moindre question. Peu m'importe son accord. Quand il sera à point, je lui ferai remettre un questionnaire.

Korka et moi, nous nous regardâmes furtivement. La haine d'Ismaël pour Karim Bangoura, qu'il appelait « Big Croc », était célèbre et remontait au temps où le second était parlementaire français, apparenté au BAG. Malgré son ralliement spectaculaire au régime, les très hautes fonctions qui lui avaient été confiées, Ismaël n'avait pas renoncé. Il y avait eu, à cette époque, de sérieux accrochages privés entre le gros parlementaire arrogant, sûr de lui et de ses relations et l'étudiant famélique, considéré par ses propres camarades comme un raté, à peine intelligent.
On apprenait maintenant, sous le manteau, que la grande faveur dont Big Croc jouissait auprès des autorités de Washington avait encore décuplé cette hargne, Ismaël tenant à être le seul pion valable du jeu américain.

La mesure de la haine était bien prise. Korka devait aussi comprendre qu'Ismaël disait vrai en prétendant avoir voulu l'épargner, lui. Mais alors pourquoi l'avoir fait arrêter ?

Notes
1. Les blessés de l'agression, notamment trois officiers supérieurs, y avaient été transportés de Conakry en février 1971