webGuinée
Memorial Camp Boiro
Complot Peul. Diallo Telli


André Lewin
Diallo Telli. Le destin tragique d'un grand Africain

Jeune Afrique Livres. Collection Destins. 1990. 225 pages
http://www.jeuneafrique.com


Notes

Chapitre 1

1. Lettre à l'auteur, 15 mai 1985.
2. Un peu plus âgé que Telli, Keita Fadiala sera notamment procureur général de la Guinée, ambassadeur en URSS et aux ÉtatsUnis, directeur général de l'Office des Bauxites de Kindia ; arrêté en 1971, il disparaîtra au Camp Boiro.
3. Statues enlevées par la suite.
4. Lettres à l'auteur, conversations téléphoniques entre 1985 et 1988.
5. Victor Andreïevitch Kravchenko, fonctionnaire soviétique passé à l'Ouest en avril 1944, a publié en 1946, sous le titre J'ai choisi la liberté, une autobiographie en forme de réquisitoire contre le régime stalinien, qui devint un bestseller. Accusé de mensonge par l'hebdomadaire Les lettres françaises, il leur intenta un procès en diffamation qu'il gagna.
6. Il s'agit bien sûr d'une faute de frappe, car la localité s'appelle Porédaka.
7. Céréale constituant la base de la nourriture.
8. Petits objets en vannerie à usage décoratif ou domestique.

Chapitre 2
1. Ce décret est notamment signé de Joseph Laniel, président du Conseil des ministres.
2. Peu au fait des pratiques africaines, les documents administratifs français mentionnent le plus souvent la seule appellation de « Diallo Telli ».
3. La loi-cadre Defferre votée en juin 1956 avait pour objet de préparer les pays africains à la gestion de leurs propres affaires.
4. Lettre à l'auteur, 19 septembre 85.
5. Mémoires d'avenir, Grasset, 1975.
6. Par trente-six chemins, Albin Michel.
7. Lettre à l'auteur, 24 février 1985.
8. Lettre à l'auteur, 29 août 1985.
9. L'Union française créée par la Constitution de 1946 est la nouvelle forme politique et juridique de l'ancien empire colonial français.
10. Lettre à l'auteur, 2 février 1986.
11 Lettre à l'auteur, 20 août 1987.
12. Seule la vérité blesse, Plon, 1987.
13. Dans une lettre du 13 juin 1988 à l'auteur, André Giresse confirme cependant son témoignage : « J'ai rencontré Diallo Telli peu après la sécession de la Guinée sur le pont de la Concorde ( ... ). Il était effondré et se considérait comme Français à part entière, prévoyant un avenir sombre pour son pays. Il ne s'était pas trompé. ( ... )
14. Qui travaillera par la suite aux côtés de Jacques Foccart avant que Valéry Giscard d'Estaing ne le nomme conseiller pour les affaires africaines.

Chapitre 3
15. L'auteur tient à remercier les personnalités françaises et étrangères qui lui ont ouvert leurs dossiers et fait des récits circonstanciés : les ambassadeurs anciens représentants permanents de la France auprès de l'ONU Guillaume Georges-Picot, Roger Seydoux de Clausonne, Jacques Kosciusko-Morizet, Louis de Guiringaud (à l'époque ambassadeur de France au Ghana) et Claude de Kemoularia (alors attaché au cabinet du secrétaire général des Nations unies, Dag Hammarskjoeld) ; l'ambassadeur du Sénégal aux États-Unis puis en Belgique, Falilou Kane ; Jeanne Martin-Cissé, qui fut notamment, bien après Diallo Telli, ambassadeur de Guinée auprès de l'ONU ; Mahdi Elmandjra, à l'époque membre de la délégation marocaine ; Philippe de Seynes, ancien secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des affaires économiques et sociales) ; Ramsès Nassif, membre de la délégation égyptienne, plus tard porte-parole d'U Thant ; Anne Weill-Tuckerman, de l'agence France-Presse à l'ONU, E.S. Reddy, ancien sous-secrétaire général des Nations unies, secrétaire du comité contre l'apartheid ; C.V. Narasimhan, chef de cabinet d'U Thant ; Eugène Adoboli, fonctionnaire de la CNUCED, ainsi que de nombreux autres témoins et fonctionnaires des Nations unies, parmi lesquels les responsables des archives écrites et photographiques.
2. Le Conseil de tutelle est l'un des organes de l'ONU où les puissances coloniales, comme la France et l'Angleterre, devaient alors rendre compte de leur action vis-à-vis des anciennes colonies allemandes —Cameroun, Togo— dont la tutelle leur avait été confiée.
3. Éthiopie, Ghana, Liberia, Libye, Maroc, Tunisie, Soudan, Égypte. L'Afrique du Sud, membre de l'organisation, ne fait pas partie de ce groupe. Le FLN algérien y participe comme observateur.
4. A cette époque, le Conseil de sécurité compte seulement onze membres, au lieu de quinze actuellement : les cinq membres permanents (dont la Chine nationaliste) et sept membres non permanents.
5. Il s'agit des projets concernant la bauxite, montés bien avant l'indépendance, en accord avec la France.
6. Sékou Touré est encore chef du gouvernement guinéen ; il ne sera élu président qu'en décembre 1958 (Note. Il s'agit là d'une erreur de la part d'André Lewin. Sékou Touré sera seulement désigné président en 1958 avec "pleins pouvoirs" en octobre 1958. Sonélection &agragve; son premier mandat n'aura lieu que le 15 janvier 1961. (Tierno S. Bah)
7. Le Conseil de sécurité est alors composé des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Union soviétique, de la Chine nationaliste, de la France, soit les cinq membres permanents, plus la Suède, le Canada, Panama, la Colombie, l'Irak, le Japon.
8. Ce qui exact, car les États-Unis et l'URSS au contraire ont fréquemment utilisé leur droit de veto.
9. Ville américaine de l'Arkansas, où de violents incidents raciaux se sont produits en 1957.
10. Il s'agit de la déclaration d'intention sur l'Union Ghana-Guinée.
11. Paris fait allusion à la création de la République arabie unie, intervenue en 1958 et qui venait d'entraîner la fusion entre les deux États, qui n'avaient en conséquence maintenu qu'une seule délégation aux Nations unies.
12. Dont l'Afrique du Sud, qui a reconnu la Guinée le Il décembre.

Chapitre 4
1. Entretien avec l'auteur, 25 mars 1985.
2. Lettre à l'auteur, le, mars 1985.
3. Témoignage du 28 février 1986.
4. Lettre à l'auteur, 29 août 1985.
5. Lettre à l'auteur, 7 octobre 1985.
6. L'Afrique du Sud est évidemment exclue de ce groupe ; le GPRA algérien est considéré comme membre associé.
7. Chypre, plus seize pays africains (Bénin, Haute-Volta, Cameroun, République centrafricaine, Congo, Côte d'Ivoire, Gabon, Madagascar, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Somalie, Tchad, Togo, Zaïre).
8. Mongolie, plus trois pays africains (Mauritanie, Sierra Leone, Tanganyika).
9. La Jamaïque et Trinité et Tobago, plus quatre pays africains (Algérie, Burundi, Ouganda, Rwanda).
10. Koweit, Kenya et Zanzibar.
11. Malte, Malawi et Zambie.
12. Telli redoute également que le caractère entier et sectaire ainsi que l'inexpérience d'Ismaël Touré sur la scène multilatérale ne le conduisent à mettre la Guinée dans des situations embarrassantes, ce qui d'ailleurs se produira.
13. Sékou Touré ne fait dans son discours qu'une allusion voilée à des « documents accablants » concernant le Congo ; la veille, dinant avec Dag Hammarskjoeld, il l'avait menacé de révéler des malversations dont l'ONU se serait rendue coupable en détournant des fonds remis à des « forces hostiles ».
14. La Charte des Nations unies, sous la direction de J.P. Cot et A. Pellet (Ed. Economica-Bruylant, 1985).
15. Le sénateur américain Ellender était considéré comme un spécialiste des questions africaines.
16. Achkar Marof sera, en guise de compensation, élu au poste également important de président de la quatrième commission de l'Assemblée générale.

Chapitre 5
1. La présence de Moktar Ould Daddah à Addis amènera Hassan II à renoncer à s'y rendre, mais le Maroc sera représenté par un observateur.
2. Le président Abdallah Osman participera néanmoins au sommet.
3. Lettre à l'auteur, 29 août 1985.
4. Le règlement adopté lors du premier sommet prévoit que le secrétaire général administratif est élu pour quatre ans est rééligible.
5. Le Caire, Accra, Lagos et Dakar sont également sur les rangs ; Addis Abeba sera retenu « à titre provisoire ».
6. Parmi ces votes, quatre venant des pays de l'UAM - dont ceux de l'Entente —sur onze d'une part, et d'autre part sept voix venant de pays francophones, sans doute celles du Congo-Brazzaville, du Gabon, du Dahomey, du Cameroun, de Madagascar, du Tchad, du Sénégal ainsi que deux autres voix— probablement celles de la République centrafricaine et du Nigeria - se sont portés sur le Dr Zinzou.
7. Tradition qui sera respectée jusqu'à l'élection en 1989 du Tanzanien Salim Ahmed Salim.
8. Ce fut pendant plusieurs mandats le Ghanéen Robert Gardiner.
9. La réforme de 1979 supprimera le terme « administratif » du nouveau texte amendé de la charte.
10. Dans la préface qu'il a rédigée pour l'ouvrage du professeur Edmond Jouve sur l'Organisation de l'Unité Africaine, Presses Universitaires de France, 1984.
11. Il se rendra en France pratiquement tous les ans jusqu'en 1972, et généralement s'y fera examiner et parfois hospitaliser ; mais il se fait également soigner en Algérie. En 1967, le bruit court à Addis Abeba que Telli serait sérieusement malade, qu'il a sensiblement réduit ses activités professionnelles et mondaines et qu'il donne les signes de la plus grande fatigue lorsqu'il apparaît en public (il est vrai que certains de ses collaborateurs du secrétariat n'hésitent pas à affirmer alors qu'il joue la comédie pour apitoyer les chefs d'État et obtenir d'eux sa réélection l'année suivante !). Telli reviendra se faire examiner en France en novembre 1969, en novembre 1970 et en décembre 1971.
12. Jeune Afrique no. 1433, 22.06.88, p. 52.
13. Pendant leur séjour à Addis Abeba, ses enfants suivront les cours du lycée franco-éthiopien Gebre Mariam.
14. Lettre à l'auteur, du 27 août 1985.
15. Lettre à l'auteur, du 12 juillet 1988.
16. Créée en 1950 par les puissances coloniales, France et Grande-Bretagne, la CCTA, a eu comme premier secrétaire général Claude Cheysson.
17. Lettre à l'auteur, 27 août 1985.
18. La présence des chefs d'État aux sommets se fait en outre de 65 à 71 de plus en plus rare, au regret de Telli.
19. Il y eut une candidature anglophone, celle du Tanzanien Malacela.
20. La Vérité du ministre, CalmannLévy, Paris, 1985.
21. Conversation avec l'auteur en 1988.
22. Le 2 mars 1966, Sékou Touré déclare que « Kwame Nkrumah peut être considéré comme le chef de l'État de la Guinée et comme le secrétaire général du Parti démocratique de Guinée. »
23. C'est le 4 novembre 1970 que le président Houphouët-Boigny avait lancé l'idée que seules des conversations directes avec le gouvernement sud-africain permettraient de résoudre pacifiquement le problème de l'apartheid.
24. Guinée, le temps des fripouilles, Paris, La Pensée universelle, 1974. A noter que cette maison d'édition ne publie que des ouvrages « à compte d'auteur ».
25. Il s'agit notamment de la France, parce que l'on est convaincu qu'elle est en mesure de « manipuler » un certain nombre de votes francophones.
26. La Vérité du ministre, op. cit.

Chapitre 6
1. Amadou Diallo, dans son livre La Mort de Diallo Telli (Karthala, 1983), donne cette date erronée du 24 juillet 1976.
2. « Le seul ministre guinéen mort de mort naturelle », selon la saisissante formule de celle qui fut la femme de ce brillant intellectuel et cadre guinéen, Bintou Rabi Youla.
3. Lettre à l'auteur, ler mars 1988.
4. Lettre à l'auteur, 7 octobre 1985.
5. Nous avons raconté ce fait dans le texte Sékou tel que je l'ai connu paru dans le numéro spécial de Jeune Afrique Plus sur Sékou Touré publié après la mort de celui-ci en 1984. L'interview ayant été donnée sans que j'ai mes documents sous les yeux, cette relation comportait une erreur sur la date (je situais cette conversation en 1976) et de lieu (nous situions les études de Thierno à Prague). C'est à Thierno Diallo Telli lui-même que nous devons ces précisions.
6. Lettre à l'auteur, 20 février 1985.
7. Entretien avec l'auteur en juillet 1988. 8. Lettre à l'auteur, 20 février 1985.

Chapitre 7
1. Sy Savané, a une femme française qui, avec ses deux filles, très handicapées par de graves troubles de la vue, se trouvait en France à l'époque. C'est probablement à cette circonstance qu'il doit de ne pas avoir subi le même traitement que ses frères d'infortune. Nous arrivâmes à le faire libérer et peu après expulser vers la France.
2. Curieusement, la même erreur de date est mentionnée dans l'ouvrage d'Amadou Diallo et dans celui d'Alpha Diallo.
3. Lettre à l'auteur, ler mars 1988.
4. Conversation avec l'auteur en septembre 1987.
5. La Vérité du ministre, op. cit.
6. Cette phrase aurait, selon « Porthos » Diallo, été insérée par Sékou Touré luimême dans les « aveux » afin de dresser contre les Peuls le reste de la population.
7. Banque guinéenne du commerce extérieur. Telli dispose aussi de 16.000 dollars déposés à Alger ; Sékou Touré le sait et fera confisquer cette somme.
8. Les relations diplomatiques entre la Guinée et le Sénégal resteront en fait interrompues jusqu'en mars 1978. On voit mal dans ces conditions la villa de Diallo Telli être très utile à l'époque mentionnée.
9. Arrêté dans le cadre du « complot peul », ce lieutenant venait de rentrer d'Angola où il faisait partie du contingent guinéen mis fin 1975 - début 1976 à la disposition du MPLA.
10. Ex-aide de camp de Sékou Touré, le capitaine Lamine Kouyaté fut arrêté.
11. L'ambassadeur Sherman a quitté Conakry au moment de l'arrestation de Diallo Telli.
12. Ces brigades sont considérées par Sékou Touré comme le « fer de lance » du développement agricole.
13. Office des bauxites de Kindia, mine de bauxite équipée par l'URSS, et dont la production est en grande partie exportée vers ce pays.
14. Le gisement de bauxite d'Ayékoyé qui se situe non loin de celui de Sangarédy devait être exploité à l'aide de capitaux arabes.
15. Lettre à l'auteur, 30 juin 1988.
16. Selon M. Marchandise, président de Péchiney, qui eut un entretien à cette époque avec Sékou Touré, celui-ci aurait affirmé que « même l'ambassadeur de France s'était laissé prendre au jeu de Diallo Telli » et que notre nom figurait donc sur la liste des « personnalités contactées » ! Nous avons mis les choses au point avec Sékou, lui retraçant les conversations intéressantes mais anodines que nous avons eues avec Telli. Le président nous dit alors qu'il nous maintenait toute sa confiance... et qu'il ne fallait pas attacher foi à tout ce qui était contenu dans les dépositions !
17. En fait, l'ambassadeur du Liberia n'était plus en Guinée en août 1976. Le jeune conseiller commercial américain, David D., s'était absenté, car l'ambassade américaine avait été avertie par les services guinéens qu'il valait mieux qu'il ne fût pas présent à Conakry au moment où les « aveux » de Telli seraient diffusés. Nous connaissions pour notre part le représentant de la CIA à l'ambassade américaine ; ce n'était pas le conseiller commercial.
18. Allusion à une lettre émanant de Guinéens de Paris, que Sékou Touré nous avait effectivement communiquée quelques mois auparavant et qui faisait état d'une audience accordée par le premier ministre Jacques Chirac aux responsables parisiens du Regroupement des Guinéens de l'Extérieur. Nous avions fait faire une enquête à Paris ; elle avait fait apparaître que Jacques Chirac était en déplacement aux Antilles à la date prétendue de l'audience.
19. « Porthos » Alpha-Abdoulaye Diallo ajoute que « ( ... ) pour qui connaît Sékou Touré et son régime ( ... ), toutes ces diètes noires étaient des sacrifices humains recommandés par les féticheurs » (La vérité du Ministre, op. cit.).
20. Nietzsche, Aurore, Gallimard.