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Memorial Camp Boiro
« Complot » Peul
Comité Telli-Diallo


J'ai vu : on tue des innocents en Guinée-Conakry


En Guinée, le « parti-Etat », c'est le parti de la « révolution » invisible. Il sert à tout justifier. C'est très grave.
Il y a pis : dans l'esprit — et les actes — des dirigeants, gouverner, c'est aller en guerre contre son peuple.
Que celui-ci les haïth, pourvu qu'il les craigne et celui-ci hait tout ce qu'ils disent ou font.
Y avait-il une autre issue ?

Politique de Division des Nationalités

Des différences existent entre nationalités, régions, pays au sein de tous les peuples. C'est là un fait naturel ou historique. Tant qu'elles ne se transforment pas en facteurs d'oppression et d'exploitation, elles doivent être assumées. Et une politique d'unité n'a de sens que si elle ne risque pas de cristalliser des oppositions. On peut, certes et il faut, résoudre les difficultés liées à des particularismes qui s'exacerbent, autant qu'il est nécessaire de s'opposer à l'« unité à tout prix », qui va à l'encontre de ses fins déclarées en jetant les bases d'une oppression interne. Les envahisseurs capitalistes avaient intérêt à exploiter — et ont exploité— avec la complicité de la féodalité locale les différences pour imposer la traite des Noirs et le régime colonial. Aujourd'hui, leurs héritiers reprennent les mêmes méthodes pour perpétuer le néo-colonialisme.

La particularité de l'actuel régime guinéen est d'avoir pris la très grave responsabilité historique de faire, au grand jour, de la division des nationalités une politique d'Etat. « Unité nationale », le recueil des discours prononcés depuis le 22 août 1976 contre les Peuls, nationalité guinéenne et partie intégrante des peuples africains, montre quel incroyable degré a atteint, chez les actuels dirigeants du P.D.G., la volonté de destruction de l'unité du peuple guinéen. Le gouvernement de Michel Micombero, responsable de la mort de centaines de milliers de Bahutu et de Batutsi au Burundi, n'avait pas procédé autrement. En Afrique de l'Ouest, cette attaque dirigée sans nuance par un chef d'Etat en exercice contre une nationalité en bloc de son propre pays est sans précédent, à notre connaissance, et peut entraîner de très graves conflits dans la région, la Guinée-Conakry étant, ethniquement, un raccourci de l'Ouest africain. Qu'il suffise de citer M. Sékou Touré lui-même :

« ... La période précoloniale a enregistré de nombreuses trahisons successives qui ont fait la honte du Fouta. Par la suite, toute la période de lutte de libération nationale, anticolonialiste a aussi enregistré la démission sinon la totalité des intellectuels peuls, du moins de la plupart. Que ceux qui sont restés toujours fidèles au régime veuillent nous excuser, mais, puisqu'il s'agit de parler d'une collectivité, nous déplorons que, pour le cas précis, l'élément dominant soit constitué de racistes. Aussi faut-il souligner qu'au référendum du 28 septembre 1958, quand toute la Guinée brandissait le bulletin "non" pour l'indépendance et la dignité, c'était encore le Fouta qui brandissait le "oui" pour signifier honteusement "Nous voulons rester soumis au colonialisme!" Ils ne voulaient pas de l'indépendance, ces Peuls , et ils ont humilié notre peuple avec un vote massif de "oui". Au lieu d'en avoir honte, ils veulent encore détruire notre indépendance. Cela ne se fera plus jamais, et, s'il faut que toute la Guinée se mette encore debout, couteaux, marteaux et fusils en mains, pour les supprimer, les amener au tombeau et les ensevelir, la Guinée assumera ses responsabilités ! C'est la déclaration de guerre ! »

Tous les discours du chef de l'Etat guinéen sur cette question sont de cette veine. Relevons simplement quatre points :

C'est une sanglante manoeuvre de division mais dont le caractère régionaliste apparent dissimule une politique dirigée contre toutes les régions, car il n'est pas une nationalité guinéenne qui n'ait pas perdu sous le régime du P.D.G. quelques uns de ses meilleurs fils, qui sont les fils de tout le peuple de Guinée.

Même dans les instances suprêmes du parti et de l'Etat se sont manifestées des oppositions à l'autoritarisme :

Aucun de ces dirigeants n'a survécu :

En matière de libertés démocratiques, les dirigeants guinéens se retranchent derrière le fait que leur parti unique prévoit la critique et l'autocritique. Dans les principes, c'est déjà inquiétant puisque c'est admettre qu'ils ne tolèrent rien en dehors du parti, lequel est donc forcément totalitaire et, comme tel, nécessairement enclin a des méthodes fascisantes. N'auraient droit à la parole que ceux qui y seraient enrôlés. Dans la pratique, la liquidation physique de tous les membres du parti qui ont porté un jugement critique sur sa politique montre qu'aucune démocratie n'existe dans cette organisation appelée par dérision « parti démocratique ».


Membres fondateurs du Comité Telli-Diallo

Guy Aurenche, avocat Jean Bastide, prêtre Michèle Beauvillard, avocat Robert Davezies
Lucienne Didner-Sergent, avocat Michel Dubost, prêtre Gérard-Esperet, syndicaliste Jean-Jacques de Félice, avocat
Hervé Hamon, journaliste Marcel Henriet, prêtre  Yves Jouffa, avocat  Jean et Simone Lacouture, écrivains et journalistes 
Henri Leclerc, avocat  Bernard Le Franc, prêtre  François Maspéro, éditeur  Thierry Mignon, avocat 
Jacques Moreau, commissaire aux comptes  Michel Moutet, avocat  Mourad Oussedik, avocat  Patrick Rotman, journaliste 
Louis Pettiti, avocat  Pierre Toulat, prêtre  Michel Tubiana, avocat  Francis-William Ziwié, avocat 

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