webGuinée / Politique
Opposition à la dictature du Parti Démocratique de Guinée


Dr. Thierno Bah
Mon combat pour la Guinée

Editions Khartala. Paris. 1996. 440 p.


Violations des droits de l'homme sous la deuxième république

« Tout Etat a le devoir absolu de défendre les différences qui existent entre ses citovens » Pape Jean-Paul II

L'enthousiasme populaire et l'espoir des Guinéens, nés de la prise de pouvoir par le Comité militaire de redressement national le 3 avril 1984, s'évanouissent en quelques mois. Les contradictions au sein du comité éclatent au grand jour le 4 juillet 1985 avec l'arrestation du colonel Diarra Traoré, ancien Premier ministre et d'un grand nombre d'officiers en majorité malinké. Ils sont accusés d'une tentative de coup d'Etat, annoncée à la radio, dans un bref discours du colonel Diarra proclamant la destitution du colonel Lansana Conté.
Celui-ci, alors en mission à Lomé, au Togo, où il assiste à une réunion des chefs d'Etat de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CDEAO), rentre précipitamment à Conakry. Paradoxalement, il est nommé général de brigade, à sa descente d'avion, à l'aéroport, par ses pairs, les commandants Baldé Mamadou, Sow Ousmane et Touré Facinet.
Curieuse promotion militaire dont on ne voit pas le mérite qu'elle récompense ! Cette pratique rappelle étrangement les pratiques démagogiques et irréfléchies de l'ancien régime consistant à favoriser ou à flatter le chef tout en humiliant l'adversaire pour élargir le fossé qui divise la société.
Quoi qu'il en soit, le colonel Diarra et ses compagnons sont arrêtés, torturés, humiliés et exécutés sans que les Guinéens et l'opinion publique soient informés du déroulement de l'enquête. Dans la même foulée, les anciens dignitaires du régime du PDG sont liquidés sans avoir été ni inculpés ni jugés. Dans un discours à ses partisans, en soussou, sa langue maternelle, Lansana Conté prononce son célèbre « Wofatara », c'est-à-dire « Vous avez bien fait » (de piller et brûler les biens des Malinké installés à Conakry). Cette malheureuse phrase légalise le tribalisme et l'ethnocentrisme de son régime.

Après l'élimination de Diarra Traoré, Lansana Conté va écarter de son pouvoir, avec maestria, ses autres compagnons, ceux-là mêmes qui l'ont fait roi. Il en mettra certains à la retraite, limogera les autres du gouvemement et acculera enfin les derniers à la démission de toutes leurs fonctions civiles et militaires.

Facinet Touré est contraint d'entrer en politique en créant son parti.

Les commandants Baldé Mamadou et Sow Ousmane disparaissent de la scène pour rentrer dans les oubliettes de l'histoire.

Telle est la logique des coups d'Etat militaires. Le plus féroce, le plus cynique élimine ses compagnons pour rester seul maître à bord.

Lansana Conté s'engage irrémédiablement sur la voie du pouvoir personnel, comme son prédécesseur, Sékou Touré, le « Maréchal Pétain » de la Guinée. Les victimes du complot Diarra Traoré sont les suivantes :

Personnes exécutées lors du coup d'Etat de Diarra Traoré

Dignitaires de l'ancien régime étaient malades au moment de leur arrestation. Ils sont morts par manque de soins et de médicament.

Pour redresser notre malheureux pays, il est indispensable de faire le bilan de la répression et de la gestion économique de 1958 à nos jours. Il faut distinguer entre ceux qui ont donné les ordres ceux qui ont exécuté avec zèle ceux qui ont simplement obéi.

Il n'est ni juste ni moral de juger les anciens responsables pour des « délits économiques », comme cela a été envisagé au début par le CMRN. Il s'agit de crimes contre l'humanité décidés et exécutés de façon délibérée.

Les Guinéens doivent se souvenir que « l'humanité est comme un seul homme qui subit toujours et apprend continuellenient », comme disait Pascal. Nous serons jugés par les géné


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