Le lundi 28 septembre 2009, des membres des forces de sécurité guinéennes ont ouvert le feu sur des dizaines de milliers de partisans de l'opposition qui participaient à un rassemblement pacifique au Stade du 28 septembre à Conakry, la capitale. En fin d'après-midi, au moins 150 Guinéens gisaient sans vie ou agonisants à l'intérieur et autour du complexe sportif, et les forces de sécurité avaient violé des dizaines de femmes et de jeunes filles. Les soldats se sont ensuite rendus dans les quartiers où résidaient la majorité des sympathisants de l'opposition et ont commis d'autres abus : meurtres, viols et pillages. Plusieurs dizaines d'autres opposants ont été détenus de façon totalement arbitraire dans des camps de l'armée et de la police, où plusieurs d'entre eux ont subi de graves sévices, y compris des tortures. Suite aux violences perpétrées au stade, les forces de sécurité ont mené une opération de dissimulation organisée pour cacher le nombre de morts, consistant à enlever des dizaines de corps du stade et des morgues des hôpitaux pour les enterrer dans des fosses communes. L'enquête menée par Human Rights Watch en octobre 2009 a révélé que la plupart des meurtres, des agressions sexuelles et autres abus ont été commis par des membres de la Garde présidentielle, en particulier par des membres de l'unité d'élite directement chargée au moment des faits de la sécurité personnelle du capitaine Moussa Dadis Camara, le dirigeant guinéen arrivé à la tête du pays par un coup d'État en décembre 2008. Parmi les autres auteurs de graves abus se trouvaient des gendarmes, des policiers et des hommes en civil armés de machettes et de couteaux. Ce rapport de Human Rights Watch présente des preuves qui laissent supposer que les abus commis le 28 septembre et après cette date constituent des crimes contre l'humanité, pour lesquels les auteurs doivent selon le droit international rendre des comptes au travers de mécanismes juridiques guinéens ou internationaux. Ces conclusions se basent sur les entretiens auxquels se sont prêtées environ 240 personnes, parmi lesquelles des victimes, des personnes présentes dans le stade, des proches de personnes disparues, des soldats qui ont pris part aux violences et à l'opération de dissimulation menée par le gouvernement, des membres du personnel médical, des représentants d'organisations humanitaires, des diplomates, des journalistes, ainsi que des dirigeants de l'opposition.
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