La Pensée Universelle. Paris. 1974. 225 p.
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Un peuple jeune, courageux, mais sans trop d'expérience, se jette, en voulant vivre libre, dans les bras d'individus qui lui avaient donné quelque raison d'espérer. Bientôt, il est assourdi par un cliquetis de chaînes. Les chaînes se referment sur lui. Les nouveaux chefs deviennent geôliers, puis bourreaux. Ainsi, les Guinéens se réveillèrent dans les fers d'une tyrannie sommaire, étourdis par l'odeur de sang, seuls dans un terrifiant face à face avec ses chefs métamorphosés. « C'est alors qu'ils se troublèrent de plus en plus et que dans leur esprit se produisit une grande confusion Ils eurent peur d'avoir oublié leurs fautes et se tourmentèrent pour retrouver le péché perdu. Ils ne savaient plus ce qu'ils avaient fait, et personne n'était là pour les renseigner. Et ce fut la pire des damnations. » 1. Damnation, parce que les souffrances auxquelles ce peuple se trouve confronté depuis, et que dans l'ensemble nul n'ignore à présent, sont aussi insupportables qu'inutiles. Danmation parce que, en fait, tout semble conspirer contre lui pour 1'exclure impitoyablement du champ de la solidarité humaine. L'Afrique légale garde un silence complice. L'Afrique réelle, mal informée, et de toute façon de très peu de poids dans le jeu politique des gouvernants, est généralement restée avec le souvenir de la flamme d'espoir jaillie le 28 septembre 1958 en Guinée. Cette flamme est devenue enfer, mais l'Afrique des peuples continue de caresser l'espoir d'hier, et de voir dans la Guinée une sorte de terre promise. Ailleurs dans le monde, même dans les directions où il est permis de s'attendre à un minimum de compréhension et de générosité de cœur, on fait silence aussi sur la nuit guinéenne, quand on ne soutient pas ouvertement les bourreaux contre les victimes.
Certes, nous sommes en Afrique, c'est-à-dire dans un continent recru de douleur, et où le comportement des nouveaux pouvoirs aidés de leurs alliés extérieurs respectifs trahit leur incroyable mépris de la liberté et de la vie de l'homme. Mais la tragédie guinéenne est devenue depuis longtemps insoutenable.
Le Guinéen qui a refusé la honte de la servitude et qui entreprend aujourd'hui de dénoncer ce qui se passe dans son pays, échappe difficilement au désagréable sentiment d'insister sur une situation connue de presque tout le monde S'il le surmonte, il lui restera à faire choix de l'approche. Plusieurs démarches demeurent possibles. Et tout d'abord, l'approche purement formelle, c'est-à-dire l'étude littérale des principaux textes concernant la Guinée. Dans ce cas, il vient tout naturellement à l'esprit de décrire l'édifice institutionnel, d'interroger, par exemple, la Constitution du 2 octobre 1958. Celle-ci est, dans sa lettre, démocratique ; les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire y sont séparés les libertés publiques et les droits de l'homme proclamés... Mais on s'aperçoit rapidement, grâce à un simple coup d'œil sur la réalité, que tout cela n'est que façade. Une façade dérisoire derrière laquelle sévit une tyrannie archaïque sans égale dans l'Ouest africain.
L'approche formelle peut conduire aussi à tester la cohérence interne de la profuse littérature du despote guinéen ; à serrer de près des mots et expressions qui y foisonnent, tels que « socialisme », « révolution », « développement non-capitaliste », dans le dessein de juger de l'idéologie proclamée.
Dans ce cas, le champ d'analyse devient vaste, sinon intellectuellement riche et politiquement sûr. En effet, de tous les responsables politiques de l'Afrique indépendante, Sékou Touré détient, à coup sûr, un record absolu dans la production d'écrits à prétention politico-philosophique. Il a fait publier, à notre connaissance, seize épais volumes. Mais rien n'est aussi facile que de le prendre en flagrant délit de contradiction ou de mensonge, que de démontrer qu'il n'est critique plus acerbe de son régime que lui-même. Nous aurons plus d'une fois l'occasion de le faire parler, sans toutefois faire de cette sorte d'exercice stérile l'axe de notre démarche.
D'un autre côté, de toutes les anciennes colonies françaises
d'Afrique noire, la Guinée est sans doute celle dont l'acces. sion à l'indépendance a suscité à l'extérieur le plus de passions partisanes. On se souvient, en effet, que dès la proclamation de sa souveraineté, la république du « Parti Démocratique de Guinée » (P.D.G.) a tout de suite, accaparé l'attention des observateurs étrangers, surtout français. Les uns conclurent un peu trop hâtivement, et avec acrimonie, qu'elle avait « basculé dans le camp socialiste», tandis que les autres se firent les soutiens empressés
du nouvel Etat. Le débat ainsi occasionné à l'extérieur, de même que le prodigieux arsenal verbal du chef du P.D.G., sont à l'origine d'un quiproquo, d'une confusion entretenue qui ressemble en fait à une vaste conspiration contre le peuple de Guinée. Nous avons avancé plus haut, un mot-piège : l'idéologie. Dans un ouvrage très fouillé, Yves Bénot en donne deux définitions, deux finalités .2
« L'idéologie, écrit-il, peut tout aussi bien être l'édification de constructions théoriques secrètement destinées à masquer les déceptions d'une réalité politique lente à se mouvoir, ou la déformation de cette réalité, un effort pour détourner l'attention des failles et des échecs, ou au contraire l'élaboration d'un système de pensée politique qu'exige une orientation révolutionnaire, avec tout ce que cette élaboration comporte à la fois de recherche scientifique et de projection, dans l'avenir proche, d'un idéal. »
Cette distinction est essentielle dans un continent où l'on croit à la magie des mots, et en particulier dans la Guinée du P.D.G. où, plus qu'ailleurs en Afrique, on veut prendre les mots pour les choses.
Ce qu'il faut dire tout de suite, c'est que le débat suscité à l'extérieur par l'indépendance guinéenne n'était le plus souvent que de l'abstraction, puisqu'il navait rien à voir avec les réalités profondes de notre pays. La plupart des écrits n'étaient rien d'autre que la projection, sur le plan africain, de l'idéologie de leurs auteurs, que ces derniers fussent des détracteurs ou des partisans du nouvel Etat P.D.G. Quelques années après l'indépendance, les premiers comprirent que « l'expérience guinéenne » faisait plus de bruit qu'elle n'opérait de changements fondamentaux ; qu'il n'y avait donc pas lieu de s'en effrayer. De son côté, mais pour des raisons opposées, le peuple de Guinée apprenait à ses dépens ce que signifiait l'expérience à laquelle on le soumettait : la trahison des nouveaux dirigeants, leur vaste imposture destinée à « détourner l'attention des failles et des échecs », la misère physique et morale. Et les autres, c'est-à-dire les défenseurs inconditionnels du régime du « parti démocratique de Guinée » ? Ils poursuivent aveuglément une sorte de combat d'arrière-garde en faveur d'une équipe qui a étalé pendant quinze ans, à la face de l'Afrique et du monde, la preuve de son incroyable faiblesse au triple plan intellectuel, politique et moral. Mais il ne faut pas s'y tromper. Leur intérêt c'est, bien évidemment, l'administration par tous les moyens, de la preuve de la validité, en Guinée, de leur propre thèse.
Tout comme les dirigeants de Conakry, ils pensent et se comportent comme si l'« expérience guinéenne » était pratiquée non pas sur des millions d'hommes, de femmes et d'enfants, mais sur de la matière minérale. Nous citerons des exemples précis de ces dangereux doctrinaires qui n'ont rien oublié de leurs réflexes staliniens. On verra d'ailleurs qu'il ne s'agit pas seulement des gens de ce bord connus pour leur mépris de 1'homme. Cependant, leur intérêt n'étant pas le nôtre, ni sans nul doute, celui du peuple de Guinée, nous nous garderons bien de les suivre sur leur terrain, d'entrer dans un débat où il est moins question des hommes de Guinée que d'une vérité doctrinale. Car ce serait, en même temps, donner dans le piège de la fantasmagorie idéologique du régime P.D.G.
On comprendra dès lors le souci majeur qui nous anime: considérer la Guinée en elle-même, pour elle-même ; et notre préférence pour l'observation directe. L'observation directe des paramètres locaux tels qu'ils peuvent être appréhendés par un Guinéen appartenant à cette génération qui s'escrimait avec le bachot quand le P.D.G. devenait une réalité, fréquentait l'université alors que cette formation politique accédait au pouvoir, et a servi sous le nouveau régime souvent sans calcul, avant d'être la victime de sa loi rétrograde et sanguinaire. L'observation directe suivie de quelques élements d'explication fondés sur le peu d'expérience que nous avons pu avoir des variables agissantes de la vie publique dans notre pays. Et cela, en toute liberté, loin des sentiers battus, avec la ferme intention de ne nous conformer à aucun académisme d'aucune sorte. Il est devenu urgent de prendre enfin en compte tous ces facteurs historiques, humains et psycho-sociaux jusqu'ici oubliés par pure ignorance ou intentionnellement. C'est à force de les ignorer ou de les mépriser que des observateurs, et même bon nombre de Guinéens, surtout ceux de la diaspora, se sont condamnés pendant longtemps à ne pas comprendre l'opportunisme, l'imposture et les pauvretés des actuels dirigeants de Conakry. Plantés sur un piédestal où les uns veulent les maintenir, et d'où les autres s'efforcent de les faire descendre mais en s'y prenant mal le plus souvent, ces dirigeants ont réussi à focaliser l'attention des uns et des autres sur leur psittacisme doctrinal. Et c'est là leur « succès » le plus surprenant : se forger un masque à la faveur d'un grand événement national qu'ils ont déformé et terni ; se faire passer pour « progressistes » ; et, du même coup, mettre mal à l'aise ceux qui comprennent leur supercherie, mais n'osent le dire ouvertement de crainte d'être traités de « colonialistes » ou de « valets de l'impérialisme ».
A la limite même, on pourrait être tenté de faire une sorte de « petite histoire », un recueil de faits apparemment mineurs, d'anecdotes. Car de tels faits ou récits sont souvent plus démonstratifs qu'une laborieuse discussion académique. De fait, nous y recourrons dans la mesure où ils aident à démystifier le régime P.D.G. et ses dirigeants, à déchirer le manteau idéalisé dont ils veulent se parer pour cacher au monde extérieur leur déconcertante faiblesse à tous égards. Nous dirons, par exemple, pourquoi, comment les C.E.R. (Collèges d'Enseignement Rural) sont devenus Collèges d'Enseignement Révolutionnaire. On va d'échec en échec. Mais les sigles sont saufs ; mieux, on les dope pour ainsi dire. Autre exemple : Sékou Touré a tancé tel ambassadeur qui avait une montre-bracelet plus belle que la sienne, tel autre dignitaire P.D.G. qui portait un complet-veston plus beau que le sien ! … Quel âge mental lui donner ? Ou bien, quel diagnostic porter sur un tel degré de petitesse ? Décidément, quand on sait qui sont ces dirigeants P.D.G., et qu'on écoute ou lit leurs verbiages, on pense à l'âge où l'enfant apprend à parler, où il dit des mots souvent bien plus grands que lui. L'ennui est qu'ils détiennent le pouvoir, et quel pouvoir !
L'option guinéenne lors du référendum gaulliste du 28 septembre 1958 a été et reste le fait d'un peuple libre. En décidant comme il l'a fait alors, le peuple s'est montré fidèle à lui-même et à son histoire, laquelle est exemplaire à plus d'un égard. Mais pourquoi donc son historique choix, qui a ébranlé le système colonial en Afrique noire, a-t-il débouché sur l'indicible tragédie qui le déchire depuis ? Voilà l'une des questions centrales auxquelles nous nous efforcerons de répondre. Disons tout de suite que seuls des hommes libres sont à même de conduire un peuple sur le difficile chemin de la liberté. Les dirigeants P.D.G. n'en sont pas. Ils peuvent faire tels ou tels emprunts verbaux, multiplier leurs frasques et gesticuler avec frénésie, ils peuvent recourir à telles ou telles supercheries dans le dessein de disparaître derrière le masque du nationalisme progressiste et de camoufler leur insignifiance et leur échec. Mais leur démentielle fuite en avant « anti-impérialiste », qui ne les empêche pas, d'ailleurs, d'avoir la main permanemment tendue, ne trahit rien d'autre que leur incapacité à s'élever au rang d'homme libre. Il y a beau temps que les intolérables réalités de la Guinée du P.D.G. n'ont plus rien à voir avec l'imprescriptible combat des pays démunis et exploités. La libération nominale a engendré un peu partout en Afrique des relents de fascisme. Il faut aller dans la Guinée de Sékou Touré pour y voir sévir le prototype le plus effrayant du fascisme. L'indépendance a également débouché sur un colonialisme indigène exercé de la façon la plus primaire et la plus grossière. par la minorité dirigeante. Fascisme et colonialisme cohabitent dans ce régime, avec des pratiques archaïques directement inspirées de l'univers vermoulu des roitelets décadents de l'époque négrière.
Mais ces pages veulent être un peu plus qu'un pamphlet dénonçant la hideur du régime qu'incarne Sékou Touré. Elles ont l'ambition d'être aussi une invitation à la réflexion constructive adressée aux Guinéens. En effet, la confusion est grande dans leurs rangs C'est le résultat voulu par cet interminable règne de terrorisme et de misère. L'indignation et la colère des uns et des autres sont compréhensibles et légitimes. Mais il est urgent de les dépasser. Il est grand temps, face à ce douloureux et pressant problème, de récuser un certain nombre de schémas d'explication ou d'habitudes mentales peu fertiles. « Tout ça, c'est la faute à Sékou Touré. » « C'est la faute à l'impérialisme. »... Une telle manière d'appréhender nos affaires ne peut aider ni à comprendre l'itinéraire suivi par notre pays, ni à hâter la fin de ce régime indigne qui perturbe si gravement la ligne de destin de la Guinée.
Il importe donc de se situer sur un terrain et dans une perspective qui conviennent à un peuple jeune, certes, mais responsable, considéré donc comme artisan de son propre destin. C'est pour cette raison très importante à nos yeux que, tout en nous efforçant de mettre au jour le vrai visage du P.D.G., nous relevons au passage certaines de nos fautes commises, le plus souvent, par inexpérience, infidélité à nous-mêmes ou dans un moment d'égarement. Il ne faut pas les taire sous prétexte qu'elles pourraient servir de justification ou d'excuse au despote. Que peuvent bien valoir les alibis de ce tyran couvert de honte et de sang ?
Il faut poser le plus clairement possible les problèmes. D'abord, pour comprendre les causes profondes de notre tragique mésaventure. Ensuite, pour tâcher de mettre fin à une situation inacceptable parce que dégradante. Enfin, pour apprendre à regarder par delà le système P D.G., et rechercher en commun une autre « manière de vivre ensemble ». C'est pour apporter notre modeste contribution à cet urgent travail de clarification, que nous évoquons quelques aspects de la situation guinéenne, notamment : une certaine attitude de la classe politique au lendemain de l'indépendance, attitude dont on ne peut pas dire qu'elle a particulièrement découragé les tendances oppressives du nouveau régime ; les difficultés actuelles de l'opposition, qui font qu'elle a du mal à parvenir au seuil d'efficacité désirable ; la sanglante affaire du 22 novembre 1970, surtout les problèmes de fond qui l'ont entourée ; et l'explosive question tribale, criminel piège tendu à l'ensemble du pays par les actuels dirigeants, et qu'il faut à tout prix désamorcer. Dénoncer les forfaits du personnel politique P.D.G. et critiquer sans complaisance le comportement de certains de ceux qui prétendent lutter contre eux, voilà une approche délicate et ingrate qui ne suscitera pas que des amitiés, surtout dans une conjoncture si propice à l'émergence des mauvaises passions. Mais nous restons convaincu qu'elle est plus constructive qu'une monocorde diatribe contre le tyran, ou qu'une lancinante quête de la commisération d'autrui.
Bien entendu, ces pages ne sont pas destinées qu'aux seuls Guinéens. D'évidentes raisons d'ordre géopolitique interdisent d'abstraire arbitrairement la Guinée de son environnement. C'est dire que nous avons été conduit, chaque fois que cela s'est avéré nécessaire, à élargir le cadre de nos observations, tout au moins à la sous-région ouest-africaine. On se tromperait lourdement si l'on oubliait que le cas guinéen, à plus d'un 'égard, n'est que l'expression démesurée et caricaturale d'une situation que l'on peut retrouver ici et là en Afrique noire. D'un autre côté, nous voudrions que nos « frères » des pays voisins comprennent cette exigence élémentaire, à savoir que le sort de la Guinée ne saurait être indifférent à l'équilibre, au développement de la sous-région. Les Guinéens, pour leur part, s'interrogent. Rien ne dit qu'à force de rester seuls avec eux-mêmes, d'affronter tout autour d'eux froideur et égoïsme, ils auront toujours la naïveté de croire à la « fraternité africaine ». D'une façon générale, ces pages s'adressent à tous les hommes de bonne vonlonté et démocrates du monde, c'est-à-dire à tous ceux qui sont capables de générosité et de solidarité humaine. Car, pour paraphraser Goethe, il est bon que les peuples sachent ce qu'un autre peuple a souffert.
Nous tenons à prévenir tout de suite une dernière catégorie de lecteurs possibles. Nous pensons aux démagogues de tous bords, aux esprits sclérosés qui ont trouvé une explication universelle et définitive à toutes les difficultés que rencontre l'Afrique : le colonialisme-néo-colonialisme-impérialisme. Bien sûr, aucun Africain conscient ne songerait à minimiser ou nier l'impact sur le continent noir, du colonialisme direct, de la domination et du mercantilisme des pays industrialisés. Il est bon de le dénoncer inlassablement. Mais est-ce à dire que cela suffira jamais à mettre un terme à l'exploitation des pays pauvres ? Evidemment non. D'un autre côté, le fait de dénoncer l'égoïsme et les mauvais coups des pays matériellement développés, peut-il jamais vouloir dire : faire silence, voire légitimer le colonialisme autochtone du type de celui qui sévit dans la Guinée du P.D.G ? Nous posons la question à tous ceux dont l'« anti-impérialisme » n'est plus qu'une routine mécanique, qu'il s'agisse d'Africains conformistes, hypocrites, à l'esprit sclérosé, ou bien d'Européens paternalistes. Les Guinéens ne peuvent pas se satisfaire des trémoussements des uns, ni du ronronnement de bonne conscience des autres. Nous autres Guinéens, nous nous trouvons affrontés à un problème prioritaire, urgent : la destruction du colonialisme exercé par la minorité P.D.G., qui est à bien des égards, plus féroce et plus dégradant que le modèle dont elle s'inspire tout en prétendant le combattre.
Nous parviendrons bien un jour à cet objectif. Alors, nous retrouverons nos frères, nos amis, les vrais frères et amis.
Enfin, même quand il veut maîtriser sa légitime colère comme nous allons nous efforcer de le faire, un Guinéen peut-il, à l'heure actuelle, parler de son pays bâillonné et humilié sans passion aucune ? Nous comptons sur la compréhension du lecteur non guinéen. Qu'il sache que s'il nous arrive de céder à quelque accès, ce n'est nullement sous le coup de la rancoeur personnelle, ni même en fonction de notre propre situation au regard de la « législation » juridico-politique du système P.D.G. Il serait pour le moins déplorable d'aborder un problème d'une telle dimension sociale sous un angle aussi étroit.
Ceci dit, libre au despote de Conakry d'éructer à notre endroit ses injures habituelles contre les Guinéens qui savent lire et écrire, ou qui ont dit « non » à son régime de la honte. Des injures comme : « Valets de l'impérialisme », « intellectuels aigris et tarés »... qu'on retrouve d'ailleurs, sous diverses formes, sous la plume de ses complices étrangers. Nous nous honorons d'être au nombre de ceux qui lui ont jeté au visage ses offres et avances corruptrices, manifestant ainsi ouvertement, le refus silencieux de l'immense majorité du peuple. Et le fait de pouvoir aujourd'hui exprimer, même insuffisamment, ce que tant de Guinéens pensent, et peut-être, de contribuer à hâter la fin de leur indicible malheur, ce fait, disons-nous, nous est d'un grand réconfort.
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