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Camp Boiro Mémorial


Sako Kondé.
Guinée, le temps des fripouilles.

La Pensée Universelle. Paris. 1974. 225 p.


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Chapitre IX
Pour l'honneur de la Guinée et de l'Afrique

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« Faites votre devoir et laissez dire aux dieux. » (Corneille.)

A l'aube du 22 novembre 1970, des Guinéens ont débarqué sur le sol natal, l'arme à la main, décidés à abattre la tyrannie ou à mourir. Si l'opération a tourné à la tragédie, ce ne fut pas, en tout cas, parce que le régime leur a opposé une quelconque résistance aux premières heures : il était virtuellement vaincu, le prétendu « attachement indéfectible » du peuple n'ayant à aucun moment joué. Ce fut à cause de la trahison des chefs politiques de l'affaire. Mais avant de mourir, les combattants ont fait revivre intensément une chose qu'on aurait cru désormais oubliée des Guinéens : le courage, l'audace. En accomplissant leur devoir comme ils l'ont fait, ils ont administré une terrible leçon à l'actuel personnel politique. Ils l'ont aussi donnée aux quelques Guinéens qui ont conduit l'affaire au niveau politique en la ramenant à la dimension d'une ténébreuse aventure, et prouvé qu'ils appartiennent au même type socio-politique que les dirigeants en place. Leur mort héroïque constitue le seul moment rassurant et encourageant de cette lamentable entreprise menée par de soi-disant opposants sous le signe de la médiocrité, de l'inconscience criminelle … Il nous fallait, avant de poursuivre, faire cette distinction essentielle et rendre hommage au courage de ces gars bien de chez nous.
Si nous revenons au coup manqué du 22 novembre 1970, ce n'est pas pour faire une sorte de procès-verbal détaillé de son déroulement matériel, avec la liste et le degré d'intervention des pays tiers impliqués. On sait que le régime P.D.G. a mis en cause un grand nombre de pays, dont le Portugal, les Etats-Unis, la République Fédérale d'Allemagne … On sait également qu'une quarantaine de membres de l'O.U.A. se réunirent d'urgence à Lagos à ce sujet, pour voler au secours d'un membre menacé de ce syndicat du conservatisme, de cette ligue continentale de l'Afrique officielle contre l'Afrique des peuples. Ce qu'on peut dire, c'est que la participation du Portugal au coup ne semble plus faire l'ombre d'un doute. Elle pouvait intervenir à tout moment, pour une raison évidente : le Portugal mène une guerre de reconquête coloniale en Guinée-Bissau, pays limitrophe du nôtre ; le régime P.D.G. soutient les nationalistes du P.A.I.G.C. Cette aide ne suffit pas, du reste, à dédouaner ce régime de son propre colonialisme, et l'on saura un jour, lorsque toute la lumière aura été faite, la part de responsabilité des dirigeants de Conakry dans l'assassinat mystérieux de cet homme de coeur, de ce nationaliste exemplaire : Amilcar Cabral. Bref, l'intervention du Portugal se situe dans un contexte précis : l'antagonisme de deux formes de colonialisme, l'un classique et exercé de l'extérieur, l'autre, non encore perçu comme tel en Afrique, imposé par un pouvoir autochtone perverti, ainsi que nous l'avons montré précédemment.
Mais si nous revenons sur cette affaire du 22 novembre, c'est parce qu'elle a dramatiquement révélé les faiblesses internes de l'opposition guinéenne dans son sens le plus large ; c'est aussi, pour évoquer les principales raisons de l'échec.
Auparavant, efforçons-nous de répondre à cette question vieille comme le monde : celle de « l'alliance de l'étranger », autrement dit, le problème du concours dont le mouvement peut avoir besoin. Cet important problème mérite une remarque élémentaire mais capitale : rien, en ce domaine, ne remplacera l'effort des Guinéens eux-mêmes : effort d'organisation, de conception des méthodes de lutte, de recherche et de mise en oeuvre des moyens humains et matériels de combat et aussi de définition des finalités socio-politiques de l'action. La question primordiale à se poser, c'est que devons-nous faire et comment y parvenir ? Et non : quels sont ceux qui sont susceptibles de nous aider ? Il est banal, du reste, de rappeler que dans ce genre d'affaire, les autres n'aident qu'à un moment où, à la limite, on n'a presque plus besoin de leur concours. De toute façon, la libération de la Guinée est et doit rester un problème guinéen. Il faut éviter le plus possible de mêler l'étranger à nos affaires, car, en général, il est mu par des intérêts qui convergent rarement avec ceux bien compris de notre peuple.
Le problème de la mobilisation et de l'origine de concours éventuels reste lié aux circonstances. On ne peut donc pas préconiser de solution préétablie et définitive. Mais c'est le domaine qui souffre le moins l'opportunisme, l'irrésolution et la pesanteur des idées vermoulues.
Ceci dit, l'alliance de l'étranger, surtout quand elle se situe dans une perspective de violence, peut tout d'abord poser un problème d'éthique. Elle implique alors des thèmes qui ont noms : honneur, légitimité morale, dignité, fidélité envers son pays ou traîtrise, devoir ou lâcheté … On pourrait en discuter à perte de vue sur le plan théorique, sans convaincre personne. Car, comme l'écrit Chateaubriand qui rapporte dans ses mémoires une discussion avec Malesherbes à ce sujet, les hommes ont deux poids et deux mesures :

« Nous approuvons, pour une idée, un système, un intérêt, un homme, ce que nous blâmons pour une autre idée, un autre système, un autre intérêt un autre homme. »

Aussi, resterons-nous concret et apprécierons-nous les choses en fonction de critères simples comme les sentiments profonds et les aspirations du peuple de Guinée. Car c'est de lui qu'il s'agit avant tout. Quelle fut la réaction des populations, et surtout celles de Conakry et de ses environs, à l'aube du 22 novembre, quand crépitèrent les premiers coups de feu sur les plages et aux abords des sinistres camps de détention ? La surprise des habitants céda bien vite la place à un immense espoir, à une ineffable joie plus ou moins contenue, quand ils eurent reconnu leurs compatriotes débarqués. En tout cas ils ne leur demandèrent point : « Mais qui sont vos amis ? D'où viennent vos armes ?… » Ils comprirent instantanément que ces armes-là n'étaient pas dirigées contre eux ni contre le pays, mais contre le régime P.D.G. exécré de presque tous. Ils accueillirent les commandos non pas en traîtres, mais en libérateurs. Bref, cet exemple simple révèle une chose essentielle : le consensus populaire qui est le fondement de toute légitimité morale ou politique. Il montre également que nos pères et mères attendent de nous autre chose que de stériles finasseries sur la couleur ou l'origine des concours qui pourraient s'avérer nécessaires à leur libération. La tragédie que vit la Guinée depuis de longues années dans l'indifférence générale impose au plan tant moral que politique, une obligation impérative : celle d'oeuvrer pour mettre fin, par tous les moyens, au régime de la honte. Il y va de l'honneur de la Guinée et, sans doute, de l'Afrique.
Le régime P.D.G. a cru et croit habile de se placer sur le terrain moral et de traiter ceux qui le combattent d'anti-Guinéens ou d'anti-Africains. C'est de bonne guerre. Sans faire de comparaison abusive, on peut rappeler que d'autres résistants s'étaient fait appeler «bande de mercenaires regroupés autour d'un micro» par un pouvoir qui, précisément, ne portait pas bien haut l'honneur de son pays 56. Au demeurant, quand on s'est endurci dans la honte comme les dirigeants P.D.G., on est définitivement disqualifié pour faire la morale aux autres.
Reste à préciser l'attitude à avoir face à la supercherie « anti-impérialiste » dénoncée plus haut. A ce sujet, il nous a été donné plus d'une fois, en Afrique ou en France, d'avoir des discussions avec d'anciens camarades d'université, sur des thèmes impliquant l'opportunité de telle ou telle alliance.
Rappelons que bien rares sont ceux qui font preuve de suffisamment de liberté d'esprit. Beaucoup d'entre eux se montrent littéralement terrorisés par l'idole « anti-impérialiste ». En général, ces gens-là ne savent que théoriser, que palabrer plus ou moins sincèrement sur le néo-colonialisme, la solidarité et l'unité africaines et autres grands thèmes. L'inconvénient, pour nous Guinéens, est que ces beaux parleurs ne prennent en compte notre pays et ses malheurs inouïs que comme des quantités abstraites. Que leur importe ? Ils se sentent si peu concernés par ce qui se passe en dehors de chez eux, ailleurs en Afrique. Mais que peuvent bien valoir les hâbleries de ces petits parvenus tout à fait incapables d'appréhender un problème africain dans sa signification et sa dimension véritables ? Sauf exceptions rares, ils ne sont même pas capables de manifester aux Guinéens débarqués chez eux la simple solidarité d'école, a fortiori, une quelconque compréhension sur le plan politique. Nombre de nos compatriotes l'ont appris à leurs dépens à Dakar ou à Abidjan, quand ils furent accueillis non pas en anciens camarades d'école, mais comme d'indésirables concurrents.
A l'« anti-impérialisme » routinier de ces petits bavards, les Guinéens conscients et résolus doivent répondre avec netteté : « Nous sommes d'accord avec notre peuple. Pour le reste, si vous ne voulez ou ne pouvez nous comprendre ou nous aider, foutez-nous la paix ! Nous n'avons pas de leçon à recevoir. »
D'une façon générale, les Guinéens, pour vaincre la tyrannie, doivent se montrer capables de remettre en question un certain nombre d'habitudes mentales toutes plus infécondes et plus paralysantes les unes que les autres. Ils le feront, ou bien ils se condamneront à n'être qu'une cohorte d"émigrés impuissants n'ayant d'autre recours que l'action désespérée. Faisons résolument notre devoir envers notre peuple, tout en ayant la conviction profonde que notre « témérité » servira non seulement la Guinée, mais bien d'autres pays africains. Il est des peuples dont le destin semble les condamner aux fortes actions, aux périodiques remises en cause que requiert le mouvement. A chaque fois qu'ils l'oublient ou qu'ils doutent d'eux-mêmes, le destin le leur rappelle dramatiquement.
La médiocrité leur sied moins qu'à d'autres. Tout semble indiquer que, dans cette région d'Afrique, le peuple de Guinée est un de ceux-là. Il a donné en maintes occasions l'exemple, notamment à la fin du siècle dernier, face à l'envahisseur colonial, et au 28 septembre 1958. Cette dernière geste, on l'a vu, a été détournée de sa finalité par ceux de ses enfants les moins dignes. Du moins a-t-elle fait faire à l'Afrique un pas décisif. Voilà de nouveau cette même Afrique en proie à la confusion et aux forces incompatibles avec le mouvement. Le caractère exceptionnel du drame de la Guinée ne la presse-telle pas à donner, une fois de plus, l'exemple, en brûlant en cas de besoin, les vieilles idoles ? Nous le pensons fermement.
Mais, comme l'écrit Gide :

« Tout choix est effrayant, quand on y songe: effrayante toute liberté que ne guide plus un devoir. »

Les quelques soi-disant opposants qui ont ourdi l'affaire du 22 novembre étaient-ils guidés par le devoir ? Rien n'est moins sûr. En vérité, on tremble à l'idée de ce qu'il serait advenu en Guinée si, par malheur, ils avaient réussi leur coup. Car les informations ont transpiré depuis. Dans cette affaire, l'idée nationale était tout simplement absente de l'esprit des protagonistes. Dès le départ, en effet, la division tribale a tout compromis. Nous évoquerons prochainement cette très importante question que nous ne faisons qu'énumérer ici au nombre des causes les plus plausibles de l'échec.
Qu'auraient apporté à la Guinée ces quelques aventuriers qui ont saboté le mouvement de lutte ? Rien, si ce ne sont leurs ambitions exacerbées, leur esprit d'arrivisme. Car, pour eux, il n'a jamais été question d'autre chose que de prendre la place des dirigeants actuels. A peine avaient-ils conçu leur entreprise que déjà, ils se battaient entre eux pour la répartition des postes et des honneurs. Leur bêtise et leur aveuglement étaient tels qu'ils en ont sacrifié les combattants et leurs familles, qu'ils en sont devenus criminels.
Comment se comportèrent-ils avec leurs « alliés » ? Ce ne fut pas une confrontation des intérêts, mais une sorte de déshabillage indécent de quelques aventuriers déguisés en « chefs » à la faveur d'obscures et basses tractations. Ceux qui ont cru devoir engager la Guinée de cette façon-là oubliaient un certain nombre de vérités pourtant élémentaires, à savoir : qu'on ne respecte jamais un interlocuteur trop faible, qui donne tout et n'exige rien, qui ne représente, en définitive, que lui-même ; qu'on n'a d'égard qu'envers ceux qui ont un sens éclairé et résolu du devoir. Il est hors de doute que des « chefs » de cette espèce, qui n'ont aucun point d'ancrage ni horizon politique ou moral, se seraient comportés de la même manière avec tout autre partenaire, qu'il fût blanc ou noir, impérialiste ou socialiste. Aucun autre interlocuteur n'aurait résisté à la tentation de leur imposer des conditions inacceptables. Il ne faut donc pas s'étonner du lamentable échec de ces aventuriers perdus qui, en prétendant sauver la Guinée, ont attiré sur elle le criminel déchaînement du tyranneau.
En un mot, ce qui a sauvé les dirigeants P.D.G. le 22 novembre, c'est qu'ils ont eu affaire à des individus de même extraction qu'eux. Sous cet angle, le coup de la même date ne fut qu'un minable règlement de comptes entre la médiocrité et l'insignifiance.
Mais, est-on en droit de se dire, au sein de l'importante diaspora guinéenne, il doit y avoir tout de même des éléments qui n'ont absolument rien à voir avec ces arrivistes forcenés. Où sont-ils ? Que font-ils pour barrer la route aux aventuriers dont l'action ternit l'image de l'ensemble du mouvement, et recule les échéances ?
Il existe bien de ces Guinéens conscients, capables et résolus qui se font donc une toute autre idée de la lutte à engager et du devenir de leur pays. Ils sont en assez grand nombre tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Et c'est ce qui autorise à ne pas désespérer.
Seulement, nous retrouvons ici les classiques difficultés des organisations d'émigrés insuffisamment structurées, ou n'ayant pas un dirigeant de taille. Enumérons-en quelques-unes :

Si l'on situe tout cela dans le contexte géopolitique esquissé plus haut, et si l'on ajoute les répercussions de la manipulation tribale du régime, alors on comprendra aisément pourquoi l'action du mouvement ne s'est pas développée jusqu'ici d'une manière satisfaisante. On comprendra également pourquoi il n'a pu se doter d'un dirigeant digne de ce nom. Pourtant, dès le départ, la nécessité de s'unir derrière un homme a été perçue de presque tous, encore qu'il n'y ,eût pas d'entente réelle sur les conditions objectives du choix. C'est cette nécessité que certains Guinéens traduisaient lorsqu'ils disaient : « Il nous faut un chapeau. » Mais, puisque personne ne s'était distingué et imposé naturellement grâce à ces qualités qui font le dirigeant, beaucoup crurent « politique » de ne pas aborder de front la question du choix. Implicitement, on fit de la notoriété acquise, le critère. Dès lors, l'alternative devint :

Or, qu'a-t-on constaté depuis ? Bien évidemment, le critère de la notoriété acquise, s'avéra tout à fait hasardeux. En effet, dans la première alternative, il s'agissait, sauf exceptions rares, d'éléments qui avaient quitté la Guinée avant l'indépendance ou tout de suite après, qui étaient donc complètement dépassés par les événements. Au surplus, leur insuffisante prise de conscience et le bas niveau de leur civisme, ne leur permettaient pas de concevoir la lutte de libération nationale autrement qu'une occasion de revanche sur ceux qui les avaient chassés de Guinée. Dans la seconde alternative, on a bien vu, on voit encore presque quotidiennement, ministres et hauts-fonctionnaires fuir le pays ou déserter leurs portes à l'étranger. Mais une certaine expérience montre que nombre de ces fuyards de plus ou moins fraîche date, n'aspirent plus qu'à ordonner leur vie d'exil autour de quelque affaire personnelle bien tranquille. Comme si leur commerce avec le régime P.D.G. avait définitivement brisé leurs ressorts 56. Au fil du temps, certains d'entre eux firent seulement semblant de s'intéresser au mouvement de lutte, mais de loin, prétextant de « se placer au-dessus de la mêlée ». Ainsi haut perchés et tout imbus de leur importance passée, ils eurent, aux moments critiques, la lâcheté de dire que ce n'était pas le moment, pour eux, de « descendre dans l'arène ». On nous a affirmé que l'un de ces personnages boursouflés aurait comparé son rôle, tel qu'il le concevait, à celui joué il n'y a pas très longtemps, par un certain général français à Londres !... Mais qui donc a dit que la bêtise n'a pas de borne ? …
Non, rien de tout cela ne fait le dirigeant, ni même le simple citoyen conscient et animé par la volonté de participer à la libération de son pays. Pas plus, du reste, que le fait dêtre condamné à mort par contumace par le régime P.D.G. Pour écraser la tyrannie, il faut bien plus de désintéressement, de passion et de ténacité qu'on n'en a vu jusqu'ici. Les voies suivies jusqu'à présent n'ont abouti à rien d'engageant, bien au contraire. Les conditions de la lutte en sont devenues plus confuses, et la victoire plus aléatoire que jamais. Quand on voit des soi-disant opposants s'agiter vainement, abuser de la confiance des Guinéens qui ont hâte d'en découdre avec le personnel politique en place, et de celle de nos amis, on a envie de leur crier à la face : « Oubliez-vous un peu ! Disparaissez ! »

Dénoncer ce qui a pu et pourrait encore affaiblir l'opposition, ce n'est pas la débiliter davantage, ni la démoraliser, ni même vouloir donner prise aux critiques du régime P.D.G. Mais contribuer à un travail de clarification indispensable des idées et du choix des hommes : définition des objectifs, regroupement des éléments conscients de l'enjeu et résolus, mise à l'écart des pêcheurs en eau trouble … La porte est étroite. Il faut des héros au sens wébérien du terme, c'est-à-dire des hommes « convaincus qu'ils ne s'effondreront pas si le monde, jugé de leur point de vue, est trop stupide ou trop mesquin pour mériter ce qu'ils prétendent lui offrir, et qui restent néanmoins capables de dire “quand même !” ». Du jour où se retrouveront les Guinéens aptes à tenir un tel langage et à agir en conséquence, ils surmonteront, à n'en pas douter, les obstacles et pièges de tous ordres sur lesquels le mouvement de lutte a achoppé jusqu'ici. La question tribale constitue à coup sûr l'écueil le plus redoutable. Elle est devenue trop explosive en Guinée et même au sein de l'émigration pour pouvoir être résolue par prétérition.

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