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Camp Boiro Memorial


Sako Kondé
Guinée, le temps des fripouille Paris.

La Pensée universelle. 1974. 225 pages


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Notes
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Avant-propos
1. B. Groethuysen. Préface du « Procès » de Kafka. Paris. Collection « Le Livre de poche ».
2. Yves Bénot: Idéologies des indépendances africaines. 2e édition. Paris. François Maspéro.

Chapitre I
3. Georges Chafffard. Les Carnets secrets de la décolonisation. tome II. Paris. Calman-Lévy
4. En effet, jusqu'à cette date, bien rares étaient ceux qui étaient rellement conscients de la situation où se trouve leur pays. Dans certains milieux « intellectuels », on se disait « contre » le régime P.D.G., on jouait aux opposants. C'était tout. Nous devons dire ici notre cruelle désillusion quand, après notre départ de Guinée, nous retrouvâmes d'anciens camarades d'université tout à fait inconscients des féroces réalités du pays..
Nous reverrons toujours ce pédant « intellectuel » qui nous téléphona après la nouvelle du « procès ». Sa voix était défaite. Il « ne comprenait pas » : son « nom figurait sur la liste », et il nous informait de notre propre sort...
Y a-t-il eu une véritable prise de conscience chez de tels individus, depuis 1971 ? En tout cas, nous nous refusons de confondre peur et prise de conscience.
Ce sont à peu près les mêmes individus qui se montrent très sensibilisés aux opérations de tripotage tribal du régime. Ils rêvent d'on ne sait quelle « revanche » à prendre dans la Guinée de demain. Quelle misère ! Nous y reviendrons.
5. En effet, le spectacle qu'offre la Guinée de Sékou Touré est à ce point déconcertant, qu'on ne peut pas ne pas mettre en doute l'état de santé du tyran ivre. Mais il serait extrêmement dangereux pour les Guinéens et les responsables politiques de la région, de se contenter de hausser les épaules ou de dire « C'est un fou. » Car le despote guinéen est d'un « réalisme » effroyable. Il est négatif quand il s'agit de construire Mais dans le mal, il pense ce qu'il dit ; il fait également ce qu'il dit. Après avoir mis la Guinée à feu et à sang, il ne reculera devant rien pour chercher à embraser cette région ouest-africaine. Sachant qu'il est condamné de toute façon, il aspire à une fin digne de sa démesure. Certains trouveront quelque exagération dans ces propos. Mais quand on connaît un Sékou Touré autrement qu'à travers les clichés trompeurs, quand on identifie clairement ses déterminations personnelles et certaines constantes qui 1'animent, comment ne pas noter sa volonté de répandre dans toute la région la désolation qu'il a provoquée en Guinée ? En tout cas, l'histoire enseigne que les « fous » que le monde a laissé faire, ont toujours eu assez de lucidité pour allumer quelque gigantesque
6. [ ……………… ]
7. [ ……………… ]
8. Ce « complot » est analysé en détail dans l'ouvrage déjà cité d'Yves Bénot : Idéologies des indépendances africaines. Notons que les populations ne se firent pas d'illusion sur cette crise. Bien plus, elles se mirent à douter, a posteriori, de la réalité du premier « complot ».

Chapitre II
9. Quand, au lendemain des événements qui entourèrent le « procès » de janvier, l'ambassadeur de Guinée à Dakar fut déclaré personna non grata, cela fit sensation dans les cercles dirigeants P.D.G. Pourquoi ? Parce qu'ils crurent tout bonnement que M. Senghor venait de doter la science politique d'une nouvelle expression ! « Qu'est-ce qu'il est calé, ce Senghor ! »
10. Voir notamment les numéros du Monde des : 15, 16, 17, 18, 23, 26 mai, 5 juin et 31 aoÛt 1973.
11. D'après un demi-frère de Barry Diawadou, quelques personnalités tentèrent d'intercéder en faveur du détenu ; mais elles le firent avec beaucoup de «discrétion» pour ne pas indisposer l'irascible despote guinéen. Ce fut le cas, notamment, de Pierre-Mendès France et François Mitterrand.
12. Yves Bénot, op. cité, page 276.
13. W.A. Lewis. La Chose publique en Afrique occidentale.
14. Georges Chaffard. op. cité
15 . Voir notamment J. Soustelle. Lettre ouverte aux victimes de la décolonisation. L'auteur y développe des points de vue, suivant une direction et sous un éclairage qui sont les siens. Quelles que soient les réserves que l'on puisse formuler par ailleurs, force est de noter la pertinence de ses propos concernant le régime de Sékou Touré.
16. Nous pensons notamment aux « cartiéristes » de tous bords.
17. Y. Bénot, op. cité.
18. Bernard Charles. Guinée.
*A propos de la suppression de la chefferie, consulter entre autres Ameillon, Suret-Canale, et la Conférence des Commandants de Cercle

Chapitre III
17. Y. Bénot, op. cité.
18. Bernard Charles. Guinée.
19. Notamment René Dumont dans ses écrits concernant l'Afrique noire et la Guinée en particulier.
20. Voir à ce sujet Jean Ziégler: Sociologie de la Nouvelle Afrique.

Chapitre IV
21. B. Ameillon: La Guinée, bilan d'une indépendance. (Paris. Maspéro. Collection « Cahiers libres », nos. 58-59 )
22Nous pensons ici au cas du Niger, pays qui se trouvait alors dans une conjoncture électorale comparable, en gros, à celle de la Guinée, et où l'on assista à un spectaculaire retournement de situation qui se solda par l'éviction de Djibo Bakary. Voir à ce sujet l'ouvrage déjà cité de G. Chaffard . Les Damnés de la terre.
24. Voir notamment, dans l'ouvrage déjà cité de G. Chaffard, « Le cas d'Alex Quaison Sakey » : l'ancien bras droit de N'Krumah, à la chute de celui-ci, inversa son allégeance en même temps qu'il changeait d'avion à son escale de Londres.
25. Ce titre est, en réalité, postérieur à la période que nous examinons C'est un mot mandingue, l'équivalent emphatique du terme « mansah », lequel signifie: chef, roi. La substance de ces deux mots varie plus que de degré dans la tradition politique et martiale Mande. Yves Person relate ce passage où il fut rappelé à Samori lui-même, il n'était qu'un fama au sens de rémment parvenu au pouvoir, à la différence d'un des lignages de Mansa, traditionnellement régants et bénéficiant d'une légitimité historique. [Tierno S. Bah]

Chapitre V
26. On trouve un élément de réponse à cette question dans les vers satiriques écrits par Djibril Tamsir Niane, en 1962, peu avant son arrestation et sa condamnation dans le faux complot des enseignants. Le poème fustigeait la course aux deniers de l'Etat par les dirigeants du PDG. Il appuyait aussi les revendications syndicales des enseignants. [Tierno S. Bah]
27. B. Ameillon : op. cité.
28. A. Sékou Touré : La révolution guinéenne et le progrès social. Tome X. Conakry. Imprimerie Patrice Lumumba. 1969.
29. R. Dumont. L'Afrique noire est mal partie.
30. A. Sékou Touré. La révolution guinéenne et le progrès social. Tome X.
31. En Guinée, sans doute comme ailleurs en Afrique, il existe une expression bien significative : « faire le toubab », c'est-à-dire jouer au Blanc. Primitivement, elle s'appliquait aux Africains (surtout aux travailleurs intellectuels) qui donnaient dans des comportements névrotiques : imitation du Blanc, de ses « manières »... Mais dans la Guinée de Sékou Touré, l'expression a connu un glissement de sens. Les hommes du P.D.G. l'appliquent plutôt à ceux qui font preuve d'une certaine rigueur intellectuelle : exactitude, sens du travail concret et de l'organisation, vie rangée ou studieuse … Certes, Sékou Touré n'a jamais osé le dire expressément, mais sa politique de « reconversion des mentalités » et de « réhabilitation de la culture » implique en fait le rejet délibéré de la méthode scientifique considérée comme un héritage indésirable du colonialisme ; une telle attitude entraîne, en sens inverse, laissez-aller, simplisme, refus d'apprendre, obscurantisme... le tout fondé sur une démagogie primaire et vulgaire.
32. Rappelons ici deux faits extrêmement significatifs rapportée par G. Chaffard dans son livre déjà cité (pages 203 à 206) L'un éclaire suffisamment sur la séchresse de coeur de Sékou Touré. Il s'agit de son refus d'assister aux obsèques d'Ouezzin Coulibaly, secrétaire politique du R.D.A., mort le 7 septembre 1958. Que dire d'un homme capable de traduire d'une façon aussi froide et brutale, sur le plan humain, son désaccord politique avec ses chefs et vieux compagnons de route ?
Le second fait est donné par la façon dont il reçut, quelque temps avant le référendum du 28 septembre 1958, une délégation dépêchée par le R.D.A. à Conakry, qui comprenait notamment Gabriel Lisette. « Mais, dit l'auteur, M. Lisette a le tort, aux yeux de Sékou, d'être un Antillais, non un véritable Africain (!), de surcroît ancien fonctionnaire colonial … » L'aridité de coeur et le racisme de Sékou Touré sont donc anciens et très profondément ancrés en lui.
*L'enrichissement commença sous la Loi-cadre sous la forme d'acquisition de vastes domaines fonciers par les deux premiers dirigeants: Sékou Touré acquit la propriété de Belle-Vue. Elle devint une résidence officielle secondaire sous son règne au point d'abriter l'extension de la Cité de l'OUA, construite à Boulbinet pour le XXIII sommet de l'organisation. Il mourut avant la tenue du sommet. Saifoulaye Diallo acheta un domaine situé à La Minière, et qui depuis quelques années sous bail et sert de résidence de l'Ambassadeur de France en Guinée. Député-maire de Conakry, Sékou Touré élargit ses propriétés fonciè en incluant notamment les propriétés dites Villa-Camayenne (au nord) et Villa-Coléah (au sud). Les ministres du gouvernement de la loi-cadre et ceux de la nouvelle république de Guinée, se ruèrent sur d'autres morceaux de choix, le long de la corniche. Ils donnèrent le signal de l'occupation d'un domaine maritime public, qui au fil des ans, a complètement privatisé les anciennes plages de la presqu'île de Tombo (centre-ville), et de celle de Kaloum (banlieue, c'est-à-dire la zone qui s'étend au-delà du Pont des Pendus). Le président Lansana Conté a restitué à Hadja Andrée Touré les biens fonciers de son mari. La plupart des familles des victimes du Camp Boiro, elles, attendent toujours que justice soit faite.[Tierno S. Bah]

Chapitre VI
33. Nous n'avons pas la prétention de traiter en quelques pages, de l'impact, sur la société guinéenne, de l'action du P.D.G., des graves déséquilibres qui en ont résulté. Dans ce domaine comme ailleurs, les intentions du P.D.G. sont irréprochables en théorie, puisque l'objectif proclamé est l'intégration de la société guinéenne : destruction des cloisonnements sociaux fondés sur l'ethnie, le sexe, l'âge …
On lira l'analyse très pénétrante d'un ancien Doyen de la Faculté des Sciences sociales de Conakry, Claude Rivière : Mutations sociales en Guinée. (Edition Marcel Rivière et Cie.) La rigueur scientifique de l'auteur, ainsi que sa connaissance approfondie des faits et de la société guinéenne, sont remarquables. Ces qualités, entre autres, confèrent à cet ouvrage, une valeur infiniment plus élevée que la plupart des pièces de l'abondante littérature suscitée par « l'expérience guinéenne », écrits où la sous-information, le parti-pris, voire la mauvaise foi des auteurs sont souvent manifestes Nous nous permettons donc de recommander ce livre.
Ici, nous évoquons surtout les rapports P.D.G.-travailleurs intellectuels ; chemin faisant, nous disons un mot de la femme « émancipée » à la manière du P.D.G., et de l'attitude de résistance de la jeunesse.
34. Bernard Charles. Guinée.
35. Jean Ziégler. Sociologie de la Nouvelle Afrique. 1965. B. Ameillon. La Guinée, bilan d'une indépendance.

Chapitre VII
36. Jacques Arnault. Du Colonialisme au socialisme. Paris. Editions Sociales. 1966.
37. B. Ameillon. La Guinée, bilan d'une indépendance.
38. Bernard Charles. Guinée.
39. Roland-Pré. L'avenir de la Guinée française.
40. Samir Amin. L'Afrique de l'Ouest bloquée.
41. G. Chaffard. op. cité.
42. Samir Amin. op. cité.
43. Sékou Touré. La Révolution guinéenne et le Progrès social. Tome X.
44. « Horoya » no. du 2 octobre, « Marchés Tropicaux et Méditerranéens » du 19 octobre 1973. La foire aux illusions continue : le Xe congrès du parti (28 et 29 septembre) a adopté un Plan quinquennal de développement (1973-1978). Naturellement, en de telles occasions, le maître-démagogie s'arrange toujours pour que ceux qui ne connaissent pas ou ne veulent pas avouer les réalités guinéennes, puissent dire : il y a du nouveau ; c'est un tournant... On pourrait le croire, en effet, surtout si l'on considère la procédure adoptée : plusieurs navettes entre, d'une part, la base (« Pouvoirs Révolutionnaires Locaux » ou P.R.L. et les régions) et, de l'autre, la capitale. Mais, on ne le dira jamais assez, c'est toujours lors du passage à l'acte, de l'exécution, que le P.D.G. aboutit aux « résultats diamétralement opposés » aux objectifs annoncés. Une autre « innovation » : la prise en compte des ressources humaines. Est-ce enfin l'heure de la réhabilitation du travail, du sens de l'effort ? Pour notre part, nous restons extrêmement sceptique, pour toutes les raisons évoquées précédemment : l'interprétation que l'on donne à Conakry à des « principes » du parti, exigences de la « mobilisation » à des fins improductives, incompatibilité entre survie du régime et climat laborieux … Ce à quoi on risque fort d'aboutir ici, c'est le renforcement du féodalisme P.D.G., par un système de rapports sociaux très voisin de l'esclavagisme. Il est prévu pour 1978, notamment :

Produit Quantité (tonnes)
Riz
1.055.000 !
Bananes
61.000
Café
37.150

45. J. Suret-Canale. op. cité.
46. Yves Bénot. op. cité.
47. Samin Amin. op. cité.
48. Bernard Charles. op. cité.
49. J. Arnault. op. cité.
50. Samir Amin. op. cité.
51. Mettre l'accent sur cette fonction, ce n'est pas perdre de vue le caractère irremplaçable de l'effort national, de la construction d'une économie nationale complexe, intégrée et moins dépendante de relations extérieures fondées sur l'échange inégal. Lire à ce sujet. Tibor Mende. 1972. De l'aide à la recolonisation. Paris. Editions du Seuil. 315 p. (From aid to re-colonization: lessons of a failure. New York. Pantheon Books. 317 p.)
Samir Amin. 1973. Le développement inégal; essai sur les formations sociales du capitalisme périphérique. Paris. Les Éditions de minuit. 365 p. L'accumulation à l'échelle mondiale. 1970. Dakar. IFAN. Ces ouvrages figurent parmi ceux qui, ces derniers temps, ont remis en cause les clichés, ambiguïtés et autres « idéologies des harmonies universelles » dont on continue d'entourer les rapports des pays matériellement développés (Ouest et Est) et du monde sous-dévelopné. L'“aide” est illusoire pour deux raisons bien simples : d'abord, parce que les structures politiques d'accueil sont généralement incapables de les « rentabiliser » socialement ; ensuite, parce que, c'est devenu un lieu commun, ceux qui « aident », le font dans leur propre intérêt. Quant au commerce international, qui confronte deux formations socio-économiques de force inégale (pays industrialisés et pays pauvres), c'est également un truisme de dire qu'il se traduit en fait par le « développement du sous-développement » Sa structure et ses lois actuelles condamnent l'émergence, dans les pays sousdéveloppés, d'économies nationales « homogénes, autocentrées et autodynamiques ».
Remarque. Diéli Bakar Kouyaté se suicida en avalant une forte dose de barbituriques alors qu'il était gouverneur de Dalaba en 1979(?). Il avait reçu une convocation du Bureau politique du PDG au sujet d'une affaire locale de gestion. Il choisit plutôt de se soustraire ainsi à la rancune mortelle de Sékou Toué. Ce dernier n'avait pas oublié que Diéli Bakar Kouyaté s'opposa &emdash;durant toute une nuit de débats &emdash; à sa désignation comme vice-président du Conseil de gouvernement en 1957. Diéli Bakar dit à ses collègues députés du PDG, parti majoritaire après l'élection législative de janvier 1957, qu'il fallait porter Saifoulaye Diallo à l'exécutif et Sékou Toué au législatif. Il supplia ses collègues de tenir compte du tempérament des deux hommes ; l'un, calme et pondéré et capable de gérer techniquement les dossiers, l'autre, fougueux et combatif, prêt à revendiquer et à rappeler le gouvernement à ses devoirs … Je tiens ce témoignage de mon frère aîné, feu Elhadj Tanou Baldé, membre de l'Assembleée territoriale de la Guinée française. (Tierno S. Bah)

Chapitre VIII
52. Selon un recensement général fait par le régime, la Guinée compterait 5.143.284 habitants à la date du 30 décembre 1972. Radio-Conakry évalue à 1.500.000 le nombre de Guinéens vivant à l'étranger ! Un aveu. (Voir « le Monde », daté du 19 juillet 1973.)
53. Notre propos n'est pas de faire l'éloge de l'Afrique dite « modérée » contre celle qualifiée de « révolutionnaire ». Mais de dénoncer tous ceux qui, quelle que soit leur étiquette, donnent, par routine, irresponsabilité ou incapacité, dans le verbalisme et la surenchère « anti-impérialiste ». En revanche, on ne peut que prendre bonne note de certains propos (de modérés ou de révolutionnaires) tenus lors de la Conférence des pays « non alignés » de septembre 1973. Cette conférence a donné lieu à plusieurs définitions du « non-alignement ». Et tout semble indiquer que, pour s'y retrouver, le terme « impérialisme » appelle impérativement un adjectif. (J. Lacouture. Le Monde, du 6 septembre 1973.) Bien entendu, des dirigeants comme ceux de Conakry, ont intérêt, eux, à poursuivre leur voyage dans le brouillard.
54. Le Point, no. 54 du 1er octobre 1973.
55. Déclarations du régime fasciste de Vichy du Maréchal Pétain contre les Français de Londres, dirigés par le Général Charles de Gaulle pendant la deuxième guerre mondiale (1939-1945).

Chapitre IX
56. Inutile d'insister sur l'ineptie qui consiste dans le fait de respecter, de reconduire purement et simplement les titres et la hiérarchie d'un ordre que l'on prétend combattre. Il y a eu inexpérience et erreurs de la part des uns, inconscience et incivisme de la part des autres. Il reste que, à l'heure actuelle, il existe une sorte de bougeoisie de de l'émigration. Elle est composée en grande partie, de diplômés qui se disent « intellectuels » et dont l'incivisme n'a d'égal que l'ignorance des réalités guinéennes. Nombre d'entre eux mènent grand train de vie. L'origine de leurs fortunes qu'ils dilapident ? Les fruits de leurs vols d'hier quand ils étaient en fonction en Guinée ; et aussi, les fonds qu'ils grapillent çà et là, sous prétexte d'« opposition » … Par bonheur, les éléments conscients et résolus de l'émigration ont découvert le jeu de ces tristes individus, de ces « intellectuels aigris et tarés », pour parler comme Sékou Touré.

Chapitre X
57. Nous ne faisons qu'évoquer ce très important problème remarquablement traité dans l'ouvrage déjà cité de Claude Rivière. Mutations sociales en Guinée. Notre intention, c'est surtout d'attirer l'attention des opposants sur ce problème à résoudre prioritairement.
58. Nous pensons ici à ces éléments réactionnaires qui se disent les descendants de familles d'intellectuels maraboutiques, et qui se croient les grands perdants de l'indépendance. Leur opposition au régime P.D.G. n'a évidemment rien à voir avec la lutte contre la tyrannie rétrograde de Sékou Touré.

Remarque.
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