Journal Horoya
Edition spéciale
N° 2232 du 22 juillet 1976
C'est le vendredi 16 juillet 1976 que la 36ème session du CNR a clos ses travaux.
Cette dernière séance a été essentiellement consacrée à l'audition de déposi tions édifiantes des agents de la 5e colonne impérialiste. Les sinistres acteurs du monstrueux complot ont donné d'utiles informations à là Révolution. Ils ont fait un compte-rendu quelque peu détaillé de la réalité des menaces qui pèsent sur le régime révolutionnaire de Guinée.
Le plan impérialiste de recolonisation de la fière Nation guinéenne, plan dans l'exécution duquel les gouvernements de Côte d'Ivoire et du Sénégal tiennent l'avant-scène, en tant qu'Etats fantôches manipulés par l'impérialisme, a été révélé par les mercenaires eux-mêmes.
Un plan diabolique que le glorieux Peuple militant de Guinée, comme toujours, a déjà circonscrit et réduit à néant.
Ainsi, en dehors de tout discours grandiloquent chaque membre du CNR, chaque organisme du Parti, exprimant les sentiments des masses populaires au cours de ce tribunal populaire a tenu à s'acquitter de son devoir militant, celui de déterminer clairement, sa position, la position énergique que doit prendre le Peuple pour assurer la sauvegarde des acquis de la Révolution.
Un verdict populaire été rendu et son application contribuera à consolider encore davantage la base de la Révolution en Afrique car, à tous les traîtres qui, dans l'ombre complotent, à tous les mercenaires honnis la volonté clairement exprimée du Peuple réserve le châtiment qu'ils méritent et cela au grand jour. Tous ceux qui auront trempé dans cette nouvelle phase du complot permanent pour répéter l'ignominie, la fourberie, la barbarie du 22 novembre 1970 doivent, quels que soient leur âge et leur rang, êtr condamnés à la peine capitale.
Le Peuple en a ainsi décidé et sa vigilance reste de rigueur car, comme l'a affirmé le Responsable Suprême de la Révolution, le Président Ahmèd Seku Ture dans son discours de clôture « en Guinée doit flatter un seul drapeau, celui de la Révolution ». Et pour cela, la seule attitude qui vaille, c'est la vigilance.
Ainsi « Horoya » dans cette édition spéciale commence à publier les dépositions des mercenaires pour une large information du Peuple militant et laborieux.
Horoya. N° Spécial 2232.16 Juillet 1976
A la suite de la découverte de la tentative criminelle d'assassinat contre la personne du Responsable Suprême de la Révolution le Comité révolutionnaire a immédiatement ouvert une enquête approfondit qui, à l'étape actuelle donne les indications suivantes :
Comme vous le savez la suppression du commerce privé par la Charte de la Révolution du 16 février 1975 a privé un certain nombre d'individus des possibilités d'une existence oisive et parasitaire. Ces éléments tarés en ont éprouvé un mécontentement profond, devenant ainsi les alliés naturels de l'impérialisme, toujours décidés à abattre, par tous les moyens, le régime révolutionnaire de Guinée, dans le but évident d'arrêter, définitivement, la Révolution Démocratique Africaine.
L'Impérialisme international a saisi cette occasion, qui lui semblait opportune, pour fomenter une nouvelle séquence de son complot permanent contre notre pays, en utilisant les anciens commerçants et leurs partisans encore embusqués dans nos rangs.
La mission d'exécution a été donc confiée à des éléments infiltrés dans la Milice populaire, institution dynamique et révolutionnaire du P.D.G. dont la perversion figure en bonne place dans les programmes élaborés de l'ennemi de classe.
D'après les dépositions des traîtres, un jeune dévoyé, le nommé Mamadou Lamarana Diallo a été choisi pour perpétrer le crime et cela par les nécessités de tromper l'opinion publique par son âge et sa taille, mais dont la catégorie sociale, la jeunesse, bénéficie de l'estime et du soutien inconditionnel du Responsable Suprême de la Révolution, accessible à tout moment et en tout lieu aux enfants.
Le jeune criminel a donc été soumis à des séances d'entraînement de maniement et de tir au P.A. 7,62. Suivant attentivement le programme de visite du Responsable Suprême de la Révolution dans les Centres d'Education Révolutionnaire (C.E.R) de la capitale, il a été posté, le 14 mai 1976, dans un manguier, en face du C.E.R. 2 Août, sur la route conduisant à l'Institut Polytechnique Gamal Abdel Nasser à proximité de l'entrée de l'Institut Polytechnique.
L'arrivée des agents de Sécurité Publique en vue du jalonnement a effrayé le criminel, qui a abandonné sa mission pour quitter les lieux, le P.A. camouflé sous son boubou.
Il avait été placé dans cette embuscade par le traitre Dian Malal Barry, sur les instructions des conspirateurs ci-après
Tous ces individus, au sein de la Milice, n'exerçaient aucun métier, et n'avaient aucun domicile fixe. Par contre, pour leur existence, ils se livraient aux vols et au trafic des marchandises. Interrogés, les traîtres ont dénoncé quatorze (14) complices, qui sont tous mis hors d'état de nuire, dans les prisons de la Révolution.
Poursuivant ses investigations, la Commission d'enquête a mis en état d'arrestation, le nommé Amadou Diallo, stagiaire à l'entreprise SOGUIFAB né le 28 décembre 1950, à Djountou (région administrative de Lélouma). Ce traître, alors qu'il poursuivait ses études supérieures de Droit en France, est recruté par les services secrets français, dirigés à l'époque par le sinistre Jacques Foccart.
Une bourse de l'Office de Coopération et d'Accueil Universitaire (O.C.A.U.) lui est accordée.
Muni d'un passeport gabonnais, il est inscrit à l'Ecole Saint-Cyr en vue d'une formation intellectuelle et physique en matière d'espionnage, pour une période de huit (8) mois.
L'impérialisme et ses créatures du Front anti-guinéen décident de son envoi en Guinée, en décembre 1973, pour y
Il a eu effectivement des entretiens avec certains
traîtres camouflés, avec lesquels il organise un dénigrement systématique contre les cadres intègres de notre Parti-Etat en créant
la suspicion et le doute dans tous les domaines.
Amadou Diallo s'attèle à la préparation des conditions de la suppression physique Responsable Suprême de la Révolution ainsi que des assassinats individuels.
Parallèlement, il étudie la possibilité de réalisation d'une agression armée contre la République de Guinée, avant la fin de l'année 1976. Il affirme que cette agression est appuyée, matériellement et financièrement, par le Sénégal et la Côte d'Ivoire
Les traîtres ont également envisagé, à l'extérieur, des attentats individuels contre les cadres du P.D.G. A cet effet des enlèvements ont été organisés en vain à leur sortie contre les camarades
A ce propos, Amadou Diallo met
l'accent sur le rôle combien déterminant que devront jouer certains agents de la Sabena, compagnie aérienne belge qui, selon les statistiques des impérialistes, transporte les 99% des délégations officielles guinéennes, à destination des pays occidentaux. Il précise que des mercenaires sont entraînés en Côte-d'Ivoire, en collaboration avec l'Afrique du Sud et Israël.
Amadou Diallo a cité plusieurs de ses complices intérieurs, à tous les niveaux.
D'autre part, la vigilance populaire a permis d'appréhender, à nos frontière, huit (8) militants en uniforme, alors qu'ils se trouvaient en état de désertion.
Par ailleurs, un mercenaire nationalité sénégalaise, le nommé Omar Diop a été capturé dans la région administrative de Siguiri alors qu'il s'introduisait par la frontière guinéo-malienne.
Ce triste individu a avoué avoir été recruté et entraîné six (6) mois durant, avec 300 autres mercenaires, dans un camp situé à l'intérieur du Parc National de Niokolokoba (République du Sénégal).
Il a ajouté que des armes seraient parachuté en Guinée à la frontière de Côte d'Ivoire, d'où des mercenaires viendraient les prendre en vue de perpétrer
l'agression.
Il a précisé que l'entrainement y est assuré par les S.S. Nazis de l'Allemagne Fédérale, en vue d'une nouvelle agression contre notre pays, et que la Côte d'Ivoire et le Sénégal constituent la tête de pont de cette agression impérialiste.
Le plan d'agression prévoit des attaques de diversion dans les régions administatives de Lola, Nérékoré, Mali et Dinguiraye pour amener le gouvernement à dégarnir la ville de Conakry, qui serait ainsi investie avec facilité par
les troupes mercenaires venant par mer et par air.
Le Comité révolutionnaire poursuit ses enquêtes pour permettre le démantèlement complet du réseau qui constitue la queue de la 5ème colonne et pour préserver l'indépendance et l'unité de notre pays qui mène, avec succès,
une politique de dignité, de responsabilité et d'indépendance totale.
Une fois de plus, le vaillant Peuple de Guinée a mis en échec ce monstrueux complot, revêtant une forme subtile jusqu'ici inconnue, et cela grâce à la clairvoyance et à la lucidité d'esprit de celui qui préside aux destinées de la Nation, celui dont l'action patriotique a entraîné l'écroulement définitif des empires coloniaux, nous avons nommé le Responsable Suprême de la Révolution, notre camarade bien aimé, le Président Ahmèd
Seku Ture.
Vive le Camarade Stratège Ahmèd Seku Ture !
Vive la Révolution !
Prêt pour la Révolution
Conakry, le 16 juillet 1976
Le Comité Révolutionnaire
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