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Quatre des dizaines de Pendus du 25 janvier 1971

Quatre pendus 25 janvier 1971
Pont du 8 novembre à Conakry, de l'avant à l'arrière-plan:

Ousmane Baldet (ministre des Finances).
Barry III (rival politique rallié, secrétaire d'Etat)
Magassouba Moriba
(ministre délégué)
Keita Kara Soufiana (commissaire de police).

Ces quatre suppliciés — étaient et — restent innocents. Ils ne furent pas jugés par une cour de justice légale. Au contraire, ils furent déclarés coupables dès leur arrestation. Et ils furent privés de leur droit à la défense contre l'accusation de trahison. Victimes expiatoires d'une régime meurtrier, le quadruple assassinat eut lieu en présence de leur commanditaire, Sékou Touré, et des dirigeants du PDG. Le Capitaine Diarra Traoré, lui-même, pendit les prisonniers. Le Lieutenant Lansana Conté avait fait évacuer les parages et montait la garde des lieux. Sékou Touré paya le salaire du crime aux officiers-bourreaux : Capitaine Diarra Traoré et Lieutenant Lansana Conté furent promus respectivement aux grades de Commandant et de Capitaine, le 28 février 1971, officiellement “pour service rendu à la nation.” Quatorze ans plus tard, le 8 juillet 1985, avec leur conscience sale et les mains rouges du sang de martyrs, les deux cerbères de la dictature s'affronteront dans une lutte à mort.
Vainqueur, Conté fera torturer et abattre sommairement Diarra, son ancien complice, et ses co-accusés, tous des officiers militaires Maninka fortement compromis dans le Complot Permanent de Sékou Touré contre la Guinée. Ils avaient notamment obéi au dictateur dans le faux Complot Kaman-Fodéba, qui déclencha l'offensive du régime contre l'armée. Les purges successives (1969-1973) décapiteront la Grande Muette ; elles emportèrent de brillants officiers —eux-mêmes salis “sous l'influence sinistre du leader” (Fanon)— et de braves soldats, dans les fosses communes du régime.
En rétrospective, la république de Guinée fut proclamée il y a presque un demi-siècle. Ses deux présidents —Ahmed Sekou Touré et Général Lansana Conté — se sont illustrés par le règne du mal et de la méchanceté. Ainsi, les dépouilles des martyrs ci-dessus furent privées de sépulture. Elles furents enfouies dans quelque fosse commune. Depuis lors, leurs âmes — et celles de milliers d'autres victimes — rôdent et réclament justice. En vain. … Le courroux divin pèse donc sur la Guinée, pour la persistance du terrorisme d'Etat, pour le sang répandu, les larmes versées, et les vies détruites. Il se traduit par une vie infernale au quotidien … Les Guinéens doivent rejeter la dictature — toujours actuelle — de Sékou Touré. Sinon les paradoxes du pays continueront de s'aggraver : populations assoiffées dans un pays pluvieux ; habitants affamés ou mal-nourris sur une terre fertile ; citoyens pauvres avec un sous-sol fabuleux ; obscurantisme croissant dans une riche tradition culturelle …
Pour se débarasser du colonialisme noir qui les opprime depuis 1958, les Guinéens devront opérer une rupture radicale avec les deux premiers régimes de l'indépendance. La catharsis et la thérapie consisteront notamment dans le procès de Sékou Touré et de Lansana Conté pour leur politique génocidaire contre la Guinée. C'est là une condition sine qua non et un préalable indispensable. Sékou Touré et ses principaux complices sont morts. Certes. Mais nombre de leurs partisans zélés et exécutants non-repentants sont en vie, et continuent à se réclamer de lui. Quant au Général Lansana Conté, — l'homme aux neuf vies — il pourra répondre lui-même des accusations qui pèsent contre lui sur tous les plans : civil et militaire, interne et externe, economique et politique, social et humain, culturel et matériel. En attendant, le Général ferait bien d'organiser sa défense en perspective du procès de Charles Taylor à La Haye. Car le tribunal international ne saurait juger effectivement Taylor sans une citation à comparaître pour le régime de Lansana Conté, dont la complicité avec différents mouvements rebelles est établie. La comparution du ci-devant Lansana Conté aux assises du Tribunal spécial sur la Sierra Leone permettrait d'en savoir plus, entre autres, sur (a) le bombardement de la ville de Guéckédou par l'aviation militaire et la mise-à-sac de la même localité par l'infanterie guinéenne; (b) la fortune subite de Elhadj Mamadou Sylla et de Futurelec, constituée sur les cendres chaudes et les ruines fumantes de la Guinée.
Post-Scriptum. La tenue d'une conférence de réconciliation antérieure au procès est pratiquement impossible en Guinée. Car ce serait un leurre et une farce, une mascarade et une imposture. En cherchant à rassembler furtivement les hyènes et les agneaux, les bourreaux et les victimes, une telle assemblée s'effondrerait —dans une cacophonie spectaculaire—avant même de commencer. (Tierno Siradiou Bah)
These four victims were—and remain—innocent. They were not tried by a lawful court. They were deemed guilty upon their arrest. And they were deprived of their rights to defense against the charges of treason. Expiatory victims of a murderous regime, their assassination took place in presence of Sekou Touré and his henchmen of the Politburo. Capt. Diarra Traoré, himself, hanged the prisoners. Meanwhile, Lieutenant Lansana Conté had cleared the area and sealed the premises. Sekou Toure paid the felony wages to the two officers executioners; consequently, Captain Diarra Traoré and Lieutenant Lansana Conte were respectively promoted to the ranks of Commander and Captain, on February 28, 1971, officially “for their service to the nation.” Fourteen years later, on July 8 1985, with their dirty conscience and bloody hands, the two cerberi of the dictatorship clashed in a deadly confrontation. The victor, Colonel Conte, ordered the torture and summary execution of his former accomplice, Colonel Diarra, along with a dozen of accused, all of them Maninka military officers deeply compromised in Sekou Toure's Permanent Plot against Guinea. They had eagerly obeyed him in the so-called Kaman-Fodeba Plot, which launched the offensive of the regime against the armed forces. The successives purges (1969-1973) depleted the leadership of the Guinean Army; they swept brilliant officers—themselves tarnished under “the baleful influence of the leader”(Fanon)—and brave soldiers, into the regime's common graveyards.
In hindsight, Guinea became a republic nearly half a century ago. The country's two presidents—Ahmed Sekou Touré and General Lansana Conté—have ruled by evil and wickedness. Thus, the above victims were denied a burial. Their remains were dumped in some mass grave. Ever since, their souls—and those of thousands of other victims—roam around and cry justice. In vain. The divine wrath now wraps Guinea, for the persistance of state terrorism, the blood spilled, the tears shed, and the lives destroyed. It translates into a hellish daily life … Guineans must reject the—still prevalent—Sekou Toure dictatorship. Otherwise the country's well-known paradoxes may worsen: thirsty populations in a rainy country ; hungry or malnourished inhabitants in a fertile land ; impoverished citizens walking on fabulous ores ; expanding obscurantism in a great cultural tradition …
In order to rid themselves of the black colonialism oppressing them since 1958, Guineans must cut off the chains of the two regimes of independence. In this case, the catharsis and the therapy will consist in the trial of Sekou Toure and Lansana Conte for their genocidal policy against Guinea. This is a sine qua non condition and an indispensible prequisite. It's true that Sekou Toure and his main accomplices are dead. However, many of their zealot partisans and unrepentant executioners are still alive. As for General Lansana Conte, —a cat with more than nine lives— he shall answer the charges against him in various domains: civilian and military, internal et external, economic et political, social et human, cultural et material. Meanwhile, the General would be well-advised to hire a team of lawyers in the prospect of the Charles Taylor trial in The Hague. Indeed, that court would not comprehensively try Taylor without issuing a subpoena to the Lansana Conte regime, whose complicity with various rebel groups is well documented. The appearance of Lansana Conte as a witness before the UN Special Tribunal on Sierra Leone would probably uncover, among other things (a) the bombing of the town of Gueckedou by the Guinean airforce and the destruction of the same locality by the infantry; (b) the sudden riches of Elhadj Mamadou Sylla and Futurelec, built on the hot ashes and the smoking ruins of Guinea.
Post-Scriptum. Holding a reconciliation conference prior to the trial of the two regimes is nearly impossible in Guinea. For it would be a delusion and a farce, a masquerade and an imposture. In attempting to bring together surrepticiously the hyenas and the lambs, les torturers and the victims, such a venue would collapse —in a spectacular cacophony—even before starting. (Tierno Siradiou Bah)


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