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Témoignages

Bilguissa Diallo
Guinée, 22 novembre 1970 : opération Mar verde

Paris : L'Harmattan, 2014. 278 pages

Ce que l'on sait du débarquement du 22 novembre 1970 ?

Longue est la littérature consacrée à la Guinée de Sékou Touré. Que les ouvrages soient l'oeuvre de personnalités proches du régime, ou des opposants, cette période traumatique et fondatrice du pays tel qu'il apparaît aujourd'hui, a généré de nombreux travaux. Pourtant, la partie consacrée aux événements du 22 novembre 1970, bien qu'incontournable, est toujours succincte, et pour cause.

Les auteurs directs ayant très peu témoigné, les interprétations divergent, n'étant pas étayées par des déclarations précises. On ne peut se baser que sur les témoignages de Guinéens n'ayant pour la plupart rien à voir de près ou de loin avec les organisateurs du coup. Quant à la version officielle, nul n'est besoin de prouver que les régimes dictatoriaux ont toujours su utiliser les événements pour redorer la légende nationale. Il suffit d'observer avec quel lyrisme on décrit la réaction du peuple pour comprendre que rien n'est plausible dans cette version.
Par ailleurs, les pays impliqués dans cette action ne s'en sont pas vantés, secret défense oblige du fait de l'échec de la tentative et des conséquences désastreuses. Le régime s'est donc accaparé l'événement, trop content de pouvoir faire la démonstration que les “ennemis de la Guinée”, les “traîtres à la solde de l'impérialisme” n'avaient pas triomphé. Profitant donc du vide de sources et de témoignages avérés, chacun y est allé de sa petite histoire, de sa version des faits « comme s'il/elle y était. »
C'était simple puisque rares sont ceux qui pouvaient démentir. Cependant, cet acte fondateur fut nécessairement bien plus complexe que ce qu'on en dit. Mais d'ailleurs, de quoi est-on sûr ?
Ce qui est avéré :
Dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 novembre 1970, six bateaux stationnent au large de Conakry, des hommes en débarquent en pleine nuit et se rendent dans différents points stratégiques de la ville :

Le PAIGC (ou Parti Africain pour l'Indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert) lutte alors pour sortir du joug du colonialisme portugais, il avait fait des prisonniers dans le cadre de ce combat anti-colonial. Son leader, Amilcar Cabral, est abrité à Conakry et très recherché par les autorités portugaises.

Prisonniers portugais captures par le PAIGC, detenus en Guinee-Conakry et liberes par les commandos du 22 novembre 1970
Prisonniers portugais capturés par le PAIGC, détenus en Guinée-Conakry et libérés par les commandos du 22 novembre 1970

Lors de la nuit du 22 novembre 1970, les prisonniers portugais capturés par le PAIGC ainsi que ceux du Camp Boiro, sont libérés par les hommes qui ont débarqués… Parmi ces derniers, on trouve des Blancs qui semblent parler portugais, ainsi que des Noirs dont tout laisse à penser qu'ils sont Guinéens. Au petit matin, la radio guinéenne dénonce l'agression, les bateaux repartent avec une partie de leurs hommes, laissant derrière eux une grande majorité des assaillants guinéens, qui paieront le prix fort pour cette audace …
Très rapidement, la communauté internationale condamne unanimement cet acte belliqueux, qui va à l'encontre du droit international. L'événement est présenté comme l'expression d'un néocolonialisme grossier et une attaque contre un jeune pays africain encore jugé de manière positive. Voici le peu d'éléments sur lesquels tous s'accordent… les détracteurs du régime comme les amoureux de cette funeste période. Mais avant d'analyser en détail cette affaire, il est nécessaire d'aborder le contexte guinéen de l'époque.

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